Nervy Kadiebue

Tout savoir sur les Agitos, symboles officiels des Jeux paralympiques

Vous les avez certainement déjà aperçus sur les drapeaux ou arborés sur les vêtements des athlètes : « Les Agitos », ces trois formes en croissant de couleurs vives (rouge, bleue et verte), sont devenus le symbole officiel des Jeux paralympiques. Et pour Paris 2024, ils sont bien placés au sommet de l’Arc de Triomphe de Paris. Vous avez probablement des questions sur les origines des Agitos et ce qu’ils représentent. Pas d’inquiétude, je vous raconte l’essentiel.

Les Jeux paralympiques ont vu le jour officiellement en 1960, à Rome (Italie). Les premiers symboles apparaissent en 1988, aux Jeux de Séoul, en Corée. Composés de cinq Tae-Geuks, symboles coréens représentant l’équilibre entre le Ying et le Yan, ils étaient par contre souvent inspirés des Jeux olympiques avec cinq couleurs (rouge, bleue, verte, noire et jaune). Ces représentations, bien qu’honnêtes, manquaient d’une identité propre et marquante.

L’évolution des Agitos

L’évolution du logo Paralympique © Nervy Kadiebue

Le logo de cinq Agitos des paralympiques de Séoul est ensuite relooké en 1994, aux Jeux paralympiques d’hiver à Lillehammer, en Norvège et seules trois couleurs sont conservées (rouge, bleue et verte).

Ainsi, en 2019, une nouvelle évolution, apportée par le CIP, a donné naissance aux Agitos courbes et colorés, rouge, bleue et verte, symbolisent le mouvement, l’énergie et la diversité des athlètes paralympiques. D’après le site internet du CIP, le choix de ces couleurs a d’ailleurs été fait en raison des couleurs les plus représentées sur les drapeaux nationaux.

Le terme «Agito» lui-même dérive du latin et signifie «Je bouge». Il incarne parfaitement l’esprit des Jeux paralympiques, où les athlètes repoussent leurs limites et défient les préjugés.

La signification profonde des Agitos

Les emblèmes paralympiques © Nervy Kadiebue

En plus d’être esthétiques, les Agitos portent une signification profonde:

  • Le mouvement : les formes courbes et dynamiques des Agitos soulignent la performance sportive et le dépassement de soi;
  • La diversité : les trois couleurs vives (rouge, bleue et verte) reflètent la diversité des athlètes en ce qui concerne leur origine, leur parcours et leurs disciplines ;
  • L’unité : Les Agitos sont interconnectés et symbolisant l’unité de la communauté paralympique ainsi que la force du collectif.

Les Agitos, bien plus qu’un simple emblème

Les Agitos, ces trois formes en croissant, sont bien plus qu’un simple emblème. Ils mettent en lumière l’histoire, les valeurs et les aspirations du mouvement paralympique. En tant que symbole universel, ils ont contribué à faire évoluer les mentalités et à ouvrir de nouvelles perspectives pour les personnes handicapées. En regardant les Agitos flotter au-dessus d’un stade par exemple, nous constatons l’extraordinaire capacité de l’être humain vivant avec handicap à se dépasser et à réaliser des exploits incroyables.

Le symbole Paralympique au sommet de l’Arc de Triomphe, Paris 2024. © Ibex73 via Commons Wikimedia

Débutés depuis le 28 août dernier avec une cérémonie d’ouverture riche en temps forts, les Jeux paralympiques Paris 2024 iront jusqu’au 8 septembre prochain. Un total de 11 jours durant lesquels le monde entier sera témoin des performances exceptionnelles des para-athlètes. Selon le site internet des Jeux, 4 400 athlètes de 185 Comités nationaux paralympiques disputent les breloques dans 22 sports, notamment le boccia, le basket-ball sur fauteuil et le para-athlétisme.

Nervy Kadiebue


Jeux paralympiques : l’incontestable tunisienne Raoua Tlili offre à l’Afrique sa première médaille d’or

Au cœur du Stade de France, sous le regard admiratif du monde entier, Raoua Tlili a une nouvelle fois brillé de mille feux vendredi 30 août. La Tunisienne, déjà auréolée de six médailles d’or paralympiques, a ajouté une nouvelle médaille, la septième, à son palmarès déjà exceptionnel en s’imposant sans contestation possible au lancer de poids dans la catégorie F41 réservée aux athlètes de petite taille. Avec ce septième sacre, elle devient la première athlète africaine à décrocher l’or à Paris 2024, offrant ainsi à son pays, la Tunisie, et à tout un continent un moment de fierté immense.

À 34 ans, Raoua Tlili est entré un peu plus au panthéon du para-sport africain avec sa neuvième médaille d’or paralympique, sa septième en or après celles gagnées à Pékin en 2008, à Londres en 2012, à Rio 2016 (2) et à Tokyo en 2021 (2). La championne paralympique tunisienne, avec son jet de 10,40 m, a devancé au classement ces principales protagonistes, l’Ouzbèke Kubaro Khaikimova (10,36 m) et l’Argentine Antonella Ruiz Diaz (9,58 m), respectivement médaillée d’argent et de bronze

Les quatre autres athlètes africaines en lisse dans cette épreuve n’ont pas fait mieux que Raoua Tlili : les Marocaines Youssra Karim (8,77 m) et Hayat El Garaa (8,32 m) ont fini respectivement 5e et 7e. L’autre Tunisienne Samar Ben Koelleb (8,56 m) a été classée 6e et la Centrafricaine Veronica Ndaraka (6,70 m) a fini en bas du tableau, 11e classée. 

Un happy-end malgré un début raté pour Tlili

Tenante du titre et grande favorite du tournoi de lancer du poids, Tlili n’a pas eu la partie facile pour s’offrir son nouveau couronnement, le 5e de suite et historique. Son premier lancer, manqué, a semé le doute dans les esprits et a profité à ces 10 adversaires, dont l’Ouzbèke Kubaro Khaikimova et l’Argentine Antonella Ruiz Diaz, qui ont fait des jets de plus de 9 mètres. 

En compétitrice aguerrie, la Tunisienne s’est rapidement remise en selle au deuxième essai et a réalisé un jet exceptionnel de 10,40 mètres, suffisant pour distancer ses adversaires et de s’installer en tête jusqu’à la fin de l’épreuve.« Je suis tellement contente parce que ce n’était vraiment pas facile d’aller chercher une médaille pour la cinquième fois d’affilée aux Jeux paralympiques. Mais je suis très forte, très fière », a-t-elle déclaré à RFI.

Une carrière brillante et exceptionnelle

Concourant dans la catégorie T41, réservée aux personnes de petite taille, Raoua Tlili a débuté sa carrière à seulement 16 ans avec sa participation aux championnats du monde d’athlétisme handisport 2006 à Assen au Pays-Bas. Très brillante, elle y décroche une médaille de bronze au lancer de poids. Elle enchaîne avec sa première participation aux Jeux paralympiques à Pékin, où elle décroche la médaille d’or à 18 ans seulement

Depuis, elle n’a pas manqué à aucun rendez-vous des Jeux paralympiques en lancer de poids et de disque : de Pékin 2008 à Paris 2021 en passant par Londres 2012, Rio 2016 et Tokyo 2021. Avec son nouveau triomphe à Paris 2024, elle compte désormais 9 médailles, sept en or et deux en argent. 

La native de Gafsa, une ville du sud-ouest de la Tunisie, a été aussi sacrée championne du monde à dix reprises en lancers du poids et de disque et détient le record du monde et paralympique (10,55 m) de sa catégorie (F41), établi depuis les Jeux paralympiques de 2021 à Tokyo au Japon. 

Tlili, une source d’inspiration et une légende africaine

Raoua Tlili est la meilleure athlète tunisienne de l’histoire aux Jeux paralympiques. Elle domine ce domaine depuis plus de 10 ans et a remporté une dizaine de médailles d’or aux Jeux paralympiques et aux Championnats du monde paralympiques. Elle est une immense source d’inspiration tant au niveau national que local, encourageant toujours la confiance en soi, la résilience et la détermination à surmonter tous les obstacles

Avec cette nouvelle breloque, parée en or de surcroît, la Tunisienne de 1,33 m fonce de plus en plus sur la ligne des légendes du para-sport africain comme la nageuse sud-africaine Natalie du Toit (15 médailles dont 13 en or, entre 2004 et 2012). « (…) Je marche dans la lignée des grandes stars »

Si Raoua Tlili a déjà marqué de son empreinte l’histoire du para-athlétisme, elle n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin. La Tunisienne, qui disputera le 4 septembre prochain l’épreuve du lancer de disque de la 17e Para-olympiade, nourrit de nouvelles ambitions. Elle pourrait bien ajouter une nouvelle breloque dans sa gibecière des médailles déjà bien remplie.

Nervy Kadiebue 


Gabby Thomas, la fusée d’Harvard qui a embrasé les pistes de Paris 2024

Les Jeux olympiques de Paris 2024 resteront gravés dans l’histoire comme l’année où Gabby Thomas a explosé aux yeux du monde entier. Trois fois reine de la piste, la sprinteuse américaine, diplômée d’Harvard, a réalisé un exploit en remportant l’or sur 200 mètres avec un temps remarquable de 21″83, puis en triomphant dans les relais 4x100m et 4x400m. Ces trois médailles d’or consécutives font d’elle l’une des sprinteuses les plus dominantes de sa génération.

© REUTERS – Sarah Meyssonnier

On aime tous les Jeux olympiques pour ces spectacles à couper le souffle offerts par les athlètes. L’Américaine Gabby Thomas, 27 ans, n’a pas dérogé à cette règle d’or. Sensationnelle et explosive, elle a marqué tous les esprits avec une triple médaille d’or dans trois épreuves. Elle devient, en passant, la première Américaine à décrocher trois breloques d’or dans une seule édition des JO depuis la légendaire athlète Allyson Felix en 2012 à Londres, où elle avait trois médailles d’or dans les mêmes épreuves.

Une triple médaille d’or historique 

Venue à Paris pour faire mieux que le bronze obtenu à Tokyo en 2021, Gabby Thomas se hisse d’abord sur la plus haute marche du podium du 200 m mardi dernier au Stade de France. Avec un temps de 21″83, l’Américaine de 27 ans a été plus rapide que ses conquérantes, la Sainte-Lucienne Julian Alfred (22 »08) qui a décroché la médaille d’argent et l’autre Américaine Brittany Brown (22 »20) qui a pris le bronze. 

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Déterminée à marquer l’histoire des JO de son empreinte, l’Américaine revient à la charge vendredi pour s’offrir une deuxième médaille d’or, cette fois-ci au relais 4 x 100 m au côté de sa compatriote Sha’Carri Richardson en 41’’78, devançant les duos britannique (41’’85) et allemand (41’’97). Comme si celles-ci ne suffisaient pas, la native d’Atlanta récidive encore ce samedi au relais 4 x 400 m dans un quatuor américain de rêve composé de Shamier Little (championne olympique du 400 m haies), Sydney McLaughlin-Levrone (championne olympique du 200 m), Gabby Thomas et Alexis Holmes. Encore une fois, elles s’imposent largement avec un chrono de 3 min 15 sec 27 et s’emparent de l’or au détriment des quatuors hollandais, médaillé d’argent, et britannique qui complète le podium avec le bronze.

Les sprinteuses du relais 4x100m américain ont glané l’or au Stade de France, vendredi 9 août, lors des JO 2024 de Paris. © REUTERS – Kai Pfaffenbach

Un parcours universitaire hors du commun

Native d’Atlanta aux États-Unis, Gabby Thomas a l’athlétisme dans les gènes, sport qu’elle commence à pratiquer très jeune, poussée par sa maman. C’est au lycée qu’elle commence à émerger dès sa première année. Une montée en puissance qui attira les yeux de Harvard, la prestigieuse université américaine, qui l’a recruté.

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Pendant ses années à Harvard, elle a enchaîné les records et les titres dans plusieurs épreuves d’athlétisme comme le 100 m, le 200 m, le saut en longueur et le triple saut, démontrant un talent précoce et devenant une figure emblématique de l’athlétisme universitaire.

Thomas n’a pas seulement brillé dans l’athlétisme, mais aussi dans sa scolarité, un fait plutôt rare. Elle est diplômée d’une licence à Harvard en neurobiologie et d’un master en santé publique orienté sur l’épidémiologie du sommeil à l’Université du Texas.

« Je crois que c’est mon amour toujours plus grand pour le sport et mon développement personnel qui m’ont permis d’être là. Je pense qu’Harvard a été une excellente école pour moi, elle a préparé le terrain pour que je sois ici aujourd’hui », avait-elle déclaré aux journalistes.

Les clés de sa réussite

Plusieurs facteurs ont contribué au succès fulgurant de Gabby Thomas à Paris 2024. Bien que reconnue pour ses qualités de sprinteuse, Gabby Thomas est également une excellente sauteuse en longueur. Cette polyvalence lui permet de développer une puissance et une explosivité exceptionnelles.

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En plus de cela, la jeune athlète a mis en place un programme d’entraînement rigoureux, alliant travail physique et récupération, deux éléments essentiels pour optimiser ses performances. De surcroît, Gabby Thomas possède une mentalité de gagnante qui lui permet de surmonter les difficultés et de se surpasser dans les grands moments. Cette mentalité lui a permis de réaliser le meilleur chrono des demi-finales (21 »86) et un record personnel à 21 »60, le 9e meilleur temps de l’histoire, établi en 2023.

Un modèle pour la jeunesse

Gabby Thomas a écrit l’une des plus belles pages de l’histoire de l’athlétisme américain à Paris 2024. Au-delà de ses performances sportives, l’américaine est devenue une source d’inspiration pour les jeunes athlètes, particulièrement les filles. Elle incarne les valeurs de l’excellence, de l’effort et de la persévérance. Son parcours exceptionnel montre que l’on peut concilier études et haut niveau sportif.

Avec trois breloques d’or (Paris 2024) un et en bronze (Tokyo 2021) olympiques à son palmarès, en plus d’être vice-championne du monde à Budapest en 2023, Gabby Thomas a marqué de son empreinte ces Jeux Olympiques et inscrit son nom au panthéon de l’athlétisme mondial. La jeune femme de 27 ans a aussi permis aux États-Unis de reconquérir l’or olympique de 200 m féminin pour la première depuis 2012, année où son idole de jeunesse et une des légendes de l’athlétisme mondial, Allyson Felix, a été couronnée.

Son avenir s’annonce radieux et l’on peut s’attendre à la voir briller encore longtemps sur les pistes du monde entier. La force et la détermination, elle en a pour faire des performances incroyables.

Nervy Kadiebue 


JO 2024 – Basket (F) : tombeur de l’Australie, le Nigeria une équipe à ne pas sous-estimer !

Comme le Soudan du Sud chez les messieurs, le Nigeria a créé une énorme surprise en signant son tout premier succès en ouverture du groupe B du tournoi olympique féminin de basketball. Les Nigérianes ont disposé des très expérimentées Australiennes (75-62) lundi dernier au Stade Pierre-Mauroy à Lille (France). Un succès qui a placé le Nigeria au cœur de toutes les attentions et a démontré la montée en puissance du basket féminin africain.

Sous la houlette de son entraîneuse Rena Wakama, le Nigeria, classé 12e au monde, a créé la surprise face à l’Australie, 4e classée au monde et multiples médaillée olympiques. Portées par leur leader Ezinne Kalu qui a fait son come-back en sélection après trois années d’absence, les Nigérianes ont su imposer leur rythme et leur défense de fer aux Australiennes pour s’imposer au finish avec un écart de 13 points (75-62), décrochant leur première victoire historique dans une phase de groupes d’une olympiade.

Une détermination à toute épreuve pour les « D’Tigress »

Conscientes qu’elles portent les espoirs du continent africain, les « D’Tigress » du Nigeria ont joué de manière décomplexée face aux Australiennes qui comptaient dans leurs rangs des expérimentées comme Lauren Jackson, devenue la joueuse de basket la plus âgée à participer aux Jeux olympiques, hommes et femmes confondus à 43 ans. Une domination qui leur a permis de mener à la mi-temps par 41-28, preuve de la forte détermination de cette équipe.

https://twitter.com/LeaguesReporter/status/1817858425478365352

« Notre défense a été implacable. Aujourd’hui, nous avons envoyé un message clair sur nos intentions. Peu importe l’adversaire, nous ne lâcherons rien et nous allons jouer notre basket. » s’est félicité au micro de la FIBA Ezinne Kalu, leader des fauves nigérianes et auteure de 19 points, 5 rebonds, 5 passes décisives et 5 interceptions.

La deuxième période a été très décisive. L’Australie, touchée dans son égo, voulait redresser la barre. Chose qu’elle a seulement réussi à faire au troisième quart-temps, remporté 19 à 10. Mais le Nigéria, déterminé à marquer l’histoire, a su resserrer les dernières lignes grâce à sa solidité défensive, ne laissant aucune chance à l’armada offensive australien.

« Quand nous entrons sur le terrain, nous sommes animées d’une extrême détermination. Personne ne défend aussi fort que nous et c’est ce qui nous permet d’aller de l’avant. », avait conclu Ezinne Kalu, toujours au micro de la FIBA.

L’entraîneuse Rena Wakama, l’architecte du succès

L’arrivée de Rena Wakama à la tête de l’équipe en tant qu’entraîneuse a insufflé un nouvel élan à la sélection nigériane féminine de basketball. Son expérience et sa vision du jeu ont permis aux joueuses de progresser rapidement et à cette équipe de se maintenir au sommet du basket africain. Encenser par tous, elle reste humble et félicite son équipe pour sa résilience face à l’Australie.

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« Je suis submergée par l’émotion. Je suis si fière de ce groupe. Je dispose de joueuses qui ont soif de victoires et qui ont surpris la planète basket. (…) Nous jouons dur et nous sommes déterminées. C’est dans notre ADN : nous n’abandonnons jamais et je veux juste amener de l’énergie et de la passion », souligne Wakama à la FIBA.

Rena Wakama a été nommée en juin 2023 par la Fédération nigériane de basket-ball (NBBF) en remplacement de Otis Hughley, vainqueur à deux fois de l’AfroBasket féminin pour un contrat de 2 ans. Cette native de Raleigh, en Caroline du Nord, est une ancienne joueuse de l’équipe nationale nigériane et fût entraîneuse-adjointe à l’Université Stony Brooks aux Etats-Unis.

Son tableau est reluisant depuis sa prise des fonctions. Elle a remporté l’Afrobasket 2023 à Kigali au Rwanda. Un titre qui lui a permise de devenir la première femme à remporter un titre de l’AfroBasket féminin en tant qu’entraîneur principal. Arrivé dans une période de crise au sein de la fédération nigériane, Wakama a réussi à maintenir cette sélection au haut niveau malgré l’absence des certains cadres.

Le Nigeria, une équipe à suivre de près

C’est depuis quelques années que le Nigeria règne en maître incontesté comme la meilleure équipe africaine et sa participation aux Jeux olympiques Paris 2024 n’est pas un fait du hasard, moins encore un coup de chance, car elle est amplement méritée.

En 2023, le Nigeria est entré dans l’histoire en décrochant son sixième titre continental lors de l’Afrobasket de Kigali, au Rwanda en disposant du Sénégal, sa quatrième de suite, après les victoires au Mali en 2017, au Sénégal en 2019 et au Cameroun en 2021. Une performance rocambolesque qui a permit au Nigeria d’instaurer son hégémonie en Afrique et d’égaler le record de 4 titres consécutifs des Lionnes du Sénégal. Avant le quadruplé, le Nigeria avait été sacré champion de l’AfroBasket féminin en 2003 au Mozambique et en 2005 à Abuja, au Nigeria.

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Cette victoire face à l’Australie est une véritable révélation. Les D’Tigress ont montré qu’elles étaient capables de rivaliser avec les meilleures nations du monde. Avec leur jeu collectif, leur défense solide et leur mental d’acier, elles sont devenues une équipe redoutable et un véritable exemple pour le continent africain.

Les prochains matchs du Nigeria s’annoncent passionnants. Les D’Tigress auront à cœur de confirmer leur statut de révélation et de poursuivre leur aventure olympique face notamment à la France, leur prochain adversaire qui est tout de même prévenu.

Nervy Kadiebue


JO Paris 2024 : le Soudan du Sud signe une victoire historique à Lille

Unique représentant de l’Afrique, le Soudan du Sud a créé la sensation lors de son premier match aux Jeux olympiques de Paris 2024, en dominant le Porto Rico (90-79) dimanche matin au stade Pierre Mauroy de Lille. Cette victoire historique marque un tournant pour le jeune pays, devenu indépendant en 2011 et ayant adhéré à la FIBA en 2013, qui devient la révélation africaine et qui fait la fierté de tout le continent.

Un début difficile, une fin triomphale. Malgré une erreur des organisateurs sur l’hymne national et une entame un peu timide, les joueurs sud-soudanais ont su se remobiliser. Après avoir été menés à la pause par les Portoricains (48-54), ils ont réussi à revenir devant et à s’imposer grâce à un jeu collectif solide et une défense agressive. Score final 90-79.

L’équipe masculine du Soudan du Sud a remporté la première victoire de son histoire dans le tournoi olympique de basket face à Porto Rico © REUTERS – Evelyn Hockstein

Le coup de sifflet final a retentit comme une cloche de récréation dans les oreilles des Sud-soudanais, qui ont explosé de joie, eux qui viennent d’écrire une nouvelle page de leur histoire impressionnante.

« Il n’y a rien de plus excitant que d’écrire l’histoire. C’est ce que nous sommes en train de faire match après match : écrire l’histoire, à chaque fois une nouvelle page. C’est une incroyable chance. Je suis juste très heureux d’en faire partie. Nous méritons ce qui nous arrive. Tout le monde le mérite », a laissé entendre le pivot des Brights stars, Nuni Omot, auteur d’une prestation remarquée avec 12 points et 5 rebonds, au micro de la FIBA,.

Un engouement populaire et un soutien sans précédent

Cette victoire a suscité une immense joie au Soudan du Sud et à travers tout le continent africain. Les supporters, venus en nombre à Lille, ont célébré avec ferveur cette première victoire olympique. Le basketball étant devenu un véritable phénomène de société au Soudan du Sud, unissant les populations et renforçant le sentiment d’identité nationale.

« On s’est démené pour venir du Soudan du Sud en passant par l’Italie, d’Italie jusqu’à Paris puis jusqu’à comment ça s’appelle ? Lille. Et ça pour soutenir notre Soudan du Sud », s’est félicité un supporter sud-soudanais au micro de RFI.

© AFP

« Les Brights Stars » sont bien conscients qu’ils ne jouent pas seulement pour eux et ils sont reconnaissants du soutien qu’ils reçoivent de tous. « On apprécie le soutien d’où qu’il vienne, d’Afrique ou d’ailleurs, des Congolais. On reçoit cet amour et on est reconnaissants », a déclaré l’arrière Sud-soudanais Marial Shayok, auteur de 15 points.

En battant le Porto Rico, le Soudan du Sud a aussi pris sa revanche après sa défaite en prolongation 101-96 lors du mondial de basketball de la FIBA en 2023. Il devient par la même occasion la troisième équipe africaine à remporter son premier match aux JO, après la République centrafricaine en 1988 et le Nigeria en 2012.

Une ascension fulgurante

L’équipe du Soudan du Sud a connu une progression fulgurante ces dernières années devenant ainsi aujourd’hui la révélation africaine de basketball. Après deux tentatives sans succès, le Soudan du Sud a réussi une première participation à l’Afrobasket en 2021, où il a fini 7e, éliminé en quart de finale par la Tunisie. Ensuite, les Brights Stars se sont qualifiés pour la coupe du monde FIBA 2023 après s’être imposés aux éliminatoires Zone Afrique face à la Tunisie, l’Égypte et le Sénégal. Ce mondial de la FIBA leur a enfin permis d’obtenir leur qualification automatique pour les JO en finissant meilleure nation africaine avec un 17e rang final.

Basketball Soudan du Sud USA 20 juillet 2024 à Londres © AP – Kin Cheung

Les Sud-Soudanais ont une nouvelle fois démontré les progrès constants qu’ils réalisent depuis quelques années. Casés dans un groupe C très relevé et partagé avec les USA, la Serbie et le Porto Rico, les Brights Stars sont en ballotage favorable pour le prochain tour à élimination directe. Le Soudan du Sud affrontera mercredi les États-Unis, une équipe redoutable mais face à laquelle les Sud-soudanais ont déjà montré qu’ils étaient capables de rivaliser, d’autant plus qu’ils ont livré une vraie bataille face à cette même équipe lors de leur dernier match de préparation avant les JO, le 20 juillet, s’inclinant d’un seul petit point (101-100). En tout cas, le conte de fées du Soudan du Sud est loin de se terminer.

Nervy Kadiebue


JO Paris 2024 : qu’attendent les Kinois de ces jeux ?

Du 26 juillet au 11 août 2024, Paris vibrera au rythme des Jeux Olympiques 2024 qui vont réunir des milliers d’athlètes venus de plusieurs pays du monde autour d’une multitude de disciplines sportives. La République Démocratique du Congo sera représentée par six athlètes. Si l’engouement n’est pas à son comble à Kinshasa, la découverte de nouvelles disciplines et la quête d’une première médaille olympique pour le pays motivent certains Congolais.

Le vendredi 26 juillet 2024, le monde entier aura les yeux rivés sur Paris pour vivre la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de 2024. Cette cérémonie, qui s’annonce grandiose et spectaculaire, marquera le début de 16 jours de compétitions intenses et d’émotions fortes. Pour la première fois de l’histoire des Jeux Olympiques, la cérémonie d’ouverture ne se déroulera pas dans un stade. Au lieu de cela, les délégations nationales d’athlètes défileront pendant 6 kilomètres sur la Seine (fleuve française), du pont d’Austerlitz au Trocadéro, à bord d’embarcations dédiées.

Ce spectacle grandiose, riche en couleurs et en émotions, réunira des centaines de milliers de spectateurs sur les bords de la Seine et sera suivi en direct par plus d’un milliard de téléspectateurs à travers le monde.

JO Paris 2024, les Kinois désintéressés ?

Les Kinois entassés au bord du boulevard Triomphal lors du tour cycliste sur circuit fermé des IXes Jeux de la francophonie à Kinshasa. Crédit : Nervy Kadiebue

Malgré la participation congolaise, l’intérêt pour les JO à Kinshasa est modéré. Cela s’explique par plusieurs facteurs selon certains kinois que j’ai interrogé. Moïse Kihuhania, étudiant en journalisme à l’université des sciences de l’information et de la commune de Kinshasa (UNISIC), ex IFASIC, admet un manque d’intérêt des Kinois. Cependant, pour lui, certains Congolais sont curieux de découvrir de nouvelles disciplines. « Ici à Kinshasa, je dirais qu’il y a des gens qui sont intéressés, mais ce n’est pas une majorité. Ce sont ceux qui sont curieux, qui ont envie d’apprendre et qui ont envie de suivre. (…) Donc il y a un public interressé mais il n’est pas très grand ».

De son côté, Jenovic Lumbuenadio, journaliste à actualite.cd et analyste sportif, estime que le manque d’engouement pour les Jeux Olympiques à Kinshasa est en partie dû au manque de communication de la part des médias.

« Au Congo, c’est d’abord le football, il faut le dire. Et donc il n’y a vraiment pas d’engouement. A peine deux trois médias qui en parlent [les JO Paris 2024, ndlr] et maintenant comment est-ce que le Kinois lambda, qui du reste doit être informé par les journalistes, saura qu’il y a des Jeux Olympiques qui arrivent et qu’il y a des Congolais qui y prendront part ? ».

Des disciplines sportives à (re)découvrir

Les Jeux Olympiques sont l’occasion de découvrir de nombreux sports, dont certains ne sont pas très populaires en Afrique, particulièrement en RDC. « En tout cas, c’est intéressant de suivre, pour apprendre d’autres disciplines que nous, en tant qu’Africains, on ne connaît pas. Mais aussi connaître d’autres sportifs, d’autres athlètes », argumente Moïse Kihuhania.

« Moi quand j’étais petit, je connaissais le football et le basket. Mais grâce aux Jeux Olympiques de Paris j’ai pu apprendre certains nouveaux jeux (…). C’est un grand événement pour le sport. J’ai hâte de le regarder », renchéri Chadrack Mbuyi, un autre étudiant en journalisme de l’UNISIC.

Des découvertes des disciplines, il y en a à chaque édition et l’olympiade française n’a pas fait l’exception. Le comité national d’organisation de Paris 2024 a intégré quatre nouvelles disciplines sportives à son programme : le breaking, l’escalade, le skateboard et le surf. Ces disciplines ont été choisies pour leur popularité auprès des plus jeunes et leur dimension urbaine et spectaculaire.

La RDC et la quête d’une médaille olympique

La République démocratique du Congo participe aux Jeux Olympiques depuis 1968, mais n’a jamais remporté de médaille. Six athlètes congolais tenteront de décrocher la première consécration olympique du pays à Paris en 2024. Ils seront présents dans quatre disciplines sportives différentes pour révéler ce défi. En boxe, nous avons les boxeuses Marcelat Sakobi, seule rescapé des JO de Tokyo en 2021, et Brigitte Mbabi. Les deux ont obtenu leurs qualifications sur terrain respectivement aux championnats d’Afrique de boxe à Dakar au Sénégal et au dernier tournoi qualificatif international à Bangkok en Thaïlande. Deux athlètes en natation : Aristide Ipelenga et Divine Miansadi. Le premier sera aligné dans 3 spécialités dont les 50 mètres nage libre, brasse et papillon et la seconde au 50 mètres nage libre. En judo, Arnold Kosoka, le récent médaillé d’argent à l’Open de Luanda et de Yaoundé et enfin en athlétisme, le sprinteur Dominique Mulamba qui va courir pour les 100 mètres.

On se rappelle tous que les IXes Jeux de la francophonie se sont déroulés à Kinshasa en 2023. Si l’organisation des ces jeux a été saluée par tous, un bémol subsistait : le manque de préparation des athlètes congolais. Malgré un défi relevé haut la main dans l’organisation, les athlètes congolais ont souffert des conditions de préparation pas viables, ternissant quelque peu le tableau d’une compétition pourtant réussie.

Stade des Martyrs de Kinshasa. où s’est déroulé la cérémonie d’ouverture des IXes Jeux de la francophonie. Crédit: © GUERCHOM NDEBO / AFP

En tant que jeune bénévole passionné de sport ayant contribué à la couverture médiatique des Jeux pour le Comité national des Jeux de la francophonie (CNJF), j’ai été témoin direct de ce paradoxe. D’un côté, une organisation sans faille, de l’autre, des athlètes hôtes pas bien rodé et qui font office des figurants dans leur propre pays. Hélas, les leçons de 2023 semblent ne pas avoir été retenues. À quelques jours de l’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024, les athlètes congolais, porteurs des espoirs de toute une nation, se retrouvent confrontés aux mêmes déficiences en matière de préparation.

Arrivés à Paris lundi dernier en provenance de Kinshasa où ils se sont préparés dans des conditions horrifiques, ces sportifs talentueux risquent de voir leurs chances de décrocher les médailles olympiques au JO Paris 2024 compromises. Mêmes causes, mêmes effets.

Paris 2024, au cœur du vivre ensemble et de la promotion environnementale

Au-delà de la compétition, les JO sont aussi un symbole de vivre-ensemble, de rencontre des cultures et d’inclusion sans distinction de couleur des peaux et des origines.

« Les Jeux Olympiques de 2024 comme tous les autres précédents symbolisent, pour moi en tout cas, le vouloir vivre ensemble. On met en scène les différents sports pour un peu symboliser, matérialiser le fait que le monde devient un petit village. Donc nous tous on peut se réunir, que l’on soit blanc, que l’on soit noir, peu importe, nous tous on est là, nous avons les sports en commun, nous avons des athlètes, nous avons des talents dans nos pays et chacun veut monter sur la scène internationale. », encense Alliance Mbuala , aussi étudiante à l’UNISIC.

Paris 2024 s’engage également à respecter l’environnement, à lutter contre les pratiques anticoncurrentielles et à favoriser l’insertion des publics fragiles.

100 ans après, la France prête à lancer sa 3ème Olympiade

La France organise les Jeux Olympiques pour la troisième fois de son histoire, 100 ans après l’édition de 1924. Cette édition se veut révolutionnaire, avec notamment une cérémonie d’ouverture hors stade et un relais de la flamme qui a parcouru tout le pays créant un fort engouement. Près de 10 500 athlètes de 206 pays sont attendus aux Jeux olympiques de Paris 2024.

Au total, 43 disciplines sportives seront au programme. Parmi elles, quatre rejoignent le programme olympique pour la première fois : le breakdance, l’escalade, le skateboard et le surf.

Malgré quelques problèmes techniques et organisationnels, la ville de Paris se prépare activement à accueillir les Jeux Olympiques d’été de 2024. Parmi les défis à relever, on peut citer la qualité de l’eau de la Seine, qui suscite des inquiétudes pour les épreuves de natation et d’aviron. À ce jour, Paris, métamorphosé aux couleurs des JO et dans une ambiance chaleureuse, est donc près à accueillir la 33e Olympiade de l’ère moderne. Que la fête des sports et des cultures commence !

Nervy Kadiebue


Supercoupe du Congo : le classique Mazembe-Vita Club pour le grand retour

Après une absence de huit ans, la Supercoupe du Congo, qui oppose le vainqueur du championnat national au gagnant de la Coupe du Congo, reprend ses droits cette année, a annoncé la Fédération congolaise de football association (FECOFA). Une nouvelle qui réjouit les passionnés du football congolais, comme moi, qui s’apprêtent à vivre une confrontation épique entre l’association sportive Vita Club de Kinshasa et le Tout Puissant Mazembe de Lubumbashi, deux clubs rivaux et renommés de la République démocratique du Congo (RDC).

D’après l’annonce d’Innocent Kibundulu, secrétaire général de la FECOFA, le match aura lieu au début du mois d’août prochain, soit une semaine avant le début du championnat national de la Linafoot. Lors de la dernière édition en 2016, le Stade Joseph Kabila de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, avait accueilli l’événement. Cependant, pour cette édition, le lieu et le stade sont encore en attente de confirmation par la FECOFA.

De 2016 à 2024, huit ans d’attente

Il a fallu attendre huit longues années pour reparler du retour de la Supercoupe du Congo. C’est un match important qui fait la promotion du football congolais et ouvre une nouvelle saison sportive. Quoi de mieux qu’un classique congolais entre le TP Mazembe de Lubumbashi et l’As Vita Club de Kinshasa pour renouer avec ce match de gala.

Je rappelle que le TP Mazembe a remporté le titre de champion de la 29e édition du championnat national de football (Linafoot), décrochant ainsi son 20e trophée, en terminant la saison avec un total de 37 points en 14 rencontres, incluant douze victoires, un match nul et une seule défaite. Le club lushois a fait forte impression avec une grande efficacité offensive (39 buts inscrits) et défensive (5 buts encaissés).

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De son côté, l’As Vita Club a sauvé sa saison décevante en championnat – le club a terminé à la 5e position – en remportant la 58e coupe du Congo après avoir disposé difficilement du FC Céleste de Mbandaka en finale (1-0). Ce succès leur a permis de se qualifier aux prochains interclubs de la Confédération africaine de football (CAF).

Le classique, une première en Supercoupe

C’est la première fois que le TP Mazembe et l’As Vita Club s’affrontent dans un classique en Supercoupe du Congo. Jusqu’à présent, ils se défiaient seulement en championnat national. En effet, leurs deux dernières oppositions ont tourné à l’avantage des Corbeaux lushois au détriment des Moscovites de Kinshasa : 2-1 à l’aller et 3-0 au retour.

Une nouvelle retrouvaille entre deux cadors du football congolais dont la rivalité ne date pas d’hier. Une rivalité que je qualifierais de sportive entre ces deux clubs qui se respectent et s’apprécient mutuellement. D’ailleurs, le chargé de communication de Mazembe, Héritier Yindula a tenu à le rappeler à la radio de la place. « On [TP Mazembe] n’est pas ennemi avec l’As Vita Club, c’est juste de la bonne rivalité sportive entre les deux équipes ».

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C’est dans ce contexte que cette rencontre promet d’être spectaculaire, intense, chargée d’émotions, et surtout, à ne pas manquer, sous aucun prétexte. De plus, l’As Vita Club, en pleine redynamisation, aura l’occasion d’assouvir sa soif de revanche face à Mazembe, qui lui a fait subir deux revers en championnat. Le club s’appuiera surtout sur ses nouvelles recrues, notamment le Congolais Héritier Luvumbu (qui a fait son retour), le Camerounais Pascal Eboussi, ainsi que les Burundais Chancel Ndaye et Jules Ulimwengu.

Mazembe dominateur au palmarès

Depuis sa création en 2002, la Super coupe du Congo n’a connu que 8 éditions au lieu des 22 prévues. Et au classement, le TP Mazembe, champion en titre, mène la danse avec trois sacres (2013, 2014 et 2016). Il est talonné par le Daring Club Motema Pembe (DCMP) de Kinshasa avec deux consécrations (2006 et 2015). Vita Club vient juste derrière avec un titre (2015), ex æquo avec le FC Saint-Éloi Lupopo de Lubumbashi (2002) et le CS Cilu de Matadi (2004).

Deux fois en stand by

Créée en 2002 et se jouant en match unique, la Super coupe du Congo devait normalement se tenir chaque année, comme prélude du championnat national. Mais hélas, cette compétition a connu deux grandes trêves pour des raisons notamment organisationnelles, logistiques et financières que devait assurer la FECOFA en tant qu’organisatrice.

La première trêve a duré entre 2005 et 2012. Après le sacre du DCMP en 2005, l’attente a été prolongé jusqu’en 2013 pour reparler de la Super coupe avec la consécration du TP Mazembe. Pourtant, durant toutes ces années, le championnat national de football et la coupe du Congo n’ont jamais connu d’arrêt.

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La seconde trêve a duré huit ans, de 2016 à 2024. De plus, la dernière organisée en 2016 avait connu moult reports dus aux raisons de prise en charge du TP Mazembe. Une situation qui n’est pas honorable pour la RDC, ce grand pays du football qui a marqué l’Afrique avec tant de prouesses.

La charité bien ordonnée commence par soi-même

La République démocratique du Congo a postulé pour l’organisation du Trophée des champions 2024, après son échec pour celui de 2023, malgré le coût élevé de l’organisation d’un tel événement. On parle d’ à-peu-près 4 millions d’euros, voire plus, si je me base sur le dernier trophée des Champions (2023) qui s’est joué à Bangkok, en Thaïlande, et qui aurait rapporté, selon foot mercato, 4 millions d’euros à la France. La Supercoupe française attise la convoitise et en fait saliver plus d’un au sein de l’opinion publique, alors que d’autres sont plus critiques. Ils estiment qu’il est illogique de dépenser des sommes importantes pour un événement étranger alors que le football national peine à se développer. Pas faux du tout.

La preuve en est, la Supercoupe du Congo organisée en 2016, faisant du TP Mazembe le Super champion du Congo pour la 3ème de son histoire, fut marquée par des tracas financiers. Je ne parlerai même pas du championnat national, au sein duquel la prise en charge des déplacements des clubs par le gouvernement congolais est un casse-tête, alors que le vainqueur touche seulement 100 000 $.

Il est crucial que l’état congolais puisse mettre en place des modèles de développement et des stratégies pour promouvoir le football local, soutenir les jeunes talents et améliorer les infrastructures. En investissant dans le sport, je suis certain que la RDC peut professionnaliser le football national, créer un environnement propice aux événements internationaux et en tirer des bénéfices à long terme. La charité bien ordonnée commence par soi-même dit-on, il est temps de prioriser le développement du football congolais.

Nervy Kadiebue


Le basketball sur fauteuil, un vecteur d’insertion sociale des handicapés en RDC

En République démocratique du Congo (RDC), le basketball sur fauteuil, bien que longtemps méconnu, connaît actuellement une progression significative. Il joue un rôle essentiel en tant que vecteur d’insertion sociale pour les personnes en situation de handicap, souvent marginalisées en raison de leurs conditions. Il est crucial de soutenir et de pérenniser cette discipline pour favoriser l’inclusion et l’épanouissement de tous.

Un peu d’histoire. C’est dans les centres de rééducation et adaptation des soldats de la seconde guerre mondiale (1939-1945) que le basketball sur fauteuil (ou handibasket) a vu le jour. Beaucoup de ces anciens combattants, pour améliorer leur mobilité, s’adonnaient au sport, le basketball en particulier, car considéré comme l’un des sports d’équipe le plus facile à adopter. Les règles du jeu du basket sur fauteuil sont les mêmes qu’au basketball pour les valides : la composition de l’équipe (sept joueurs) et l’ensemble des conditions sont pareilles, exceptées quelques légères réadaptations comme la reprise de dribbles, qui est autorisée, et la règle du marcher, qui est forcément différente.

Longtemps dans l’ombre, le handibasket congolais connaît son apogée

Cette discipline est pratiquée depuis plusieurs années en RDC, mais restait méconnue auprès de la majorité des Congolais. Cette situation est à conjuguer au passé dorénavant, car depuis quelques années, le basketball sur fauteuil a réalisé une marge de progression significative dans la pratique ainsi que dans la vulgarisation au sein de l’opinion publique congolaise, et surtout auprès des handicapés.

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Et pour y parvenir, tout devrait passer par l’organisation de compétitions. C’est de là qu’est née la coupe du Congo de basketball sur fauteuil dans les versions masculine et féminine, sous l’initiative du Comité national paralympique de la République démocratique du Congo (CNP COD), l’organe faîtière des sportifs handicapés. Par manque des vrais clubs, les équipes participantes étaient issues des quelques ligues provinciales existentielles du pays.

À ce jour, trois éditions ont été organisées par le CNPC et la fédération congolaise de basketball sur fauteuil (FECOBAF), avec le soutien du Comité international de la Croix-Rouge en RDC (CICR). Deux éditions (2016 et 2021) ont été organisé à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu et celle de 2019 eu lieu à Kinshasa. Au total 5 provinces ont participé à ces tournois dont Kinshasa, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Tshopo et Haut-Katanga. Sans concurrent, la province de Kinshasa détient les six trophées de championne dans les deux versions.

La reconsidération et le respect s’imposent pour les pratiquants

Un athlète de la sélection masculine de la RDC sur le parquet en Afrique du Sud. © FECOBAF (avec son accord)

Pour le comité national paralympique, l’objectif poursuivi avec cette discipline est la promotion et l’insertion sociale des personnes aux déficits physiques. Ces dernières doivent surmonter les clichés sociétaux et changer d’approche d’elles-mêmes en considérant leur handicap pas comme une fatalité, mais plutôt un moyen pour exploiter leur plein potentiel, notamment à travers le sport. C’est de cette façon qu’elles réussiront à imposer le respect et la considération de la société congolaise qui, majoritairement, les relèguent au rang des mendiants qui jonchent les grandes artères et les coins chauds de Kinshasa, les mains tendues pour solliciter de l’aide.

Le cas de Benjamin Mukombo Zulu, athlète de l’équipe nationale senior de la RDC qui fût capitaine des U23 avant d’intégrer les seniors en 2023, en est l’exemple. Ce passionné du sport se confiant à moi est aujourd’hui fier de ce qu’il devient, car il est reconsidéré, aimé et surtout respecté dans la société ; particulièrement dans sa famille puisque grâce à son travail, il survient à leurs besoins.

Le boost de la fédération pour la conquête continentale

Les athlètes masculins et féminins de la RDC du basket sur fauteuil en stage en Afrique du Sud. © FECOBAF (avec son accord)

Pour la pérennisation des bases posées par le comité national paralympique du Congo, c’est la fédération congolaise de basketball sur fauteuil (FECOBAF) dirigé par Gege Kizubanata, ancien basketteur congolais, qui prend le relais. Grâce à cet homme et son dynamisme, la jeune fédération fut reconnue par le ministère national des Sports en 2021, et, fait, depuis lors, partie des disciplines prises en charge par le gouvernement congolais.

L’objectif reste le même : promouvoir et valoriser les personnes vivant avec handicap à travers le sport à la balle au panier, chose que cette fédération avec la vision de son président poursuit sans faute.

Le basketball sur fauteuil congolais a pris des proportions considérables, non seulement car cette discipline a renforcé son ancrage sur le plan national avec des nouveaux pratiquants et un grand public au rendez-vous, mais aussi car elle essaie désormais de se lancer à la conquête sur le continent. Un vrai défi.

Avec les maigres moyens financiers, la fédération a réussi à constituer des sélections nationales très solides dans les deux versions, issues des différentes ligues provinciales. Ces dernières représentent pour la première fois le pays dans des compétitions sur l’échelle continentale.

Gégé Kizubanata, président de la Fédération congolaise de basketball sur fauteuil roulant. © FECOBAF (avec son accord)

Longtemps oubliés, ces athlètes ont profité de leurs sorties sur le continent pour faire parler d’eux en réalisant des performances incroyables. Un message pour faire comprendre à ceux qui les sous-estiment, notamment les autorités étatiques, qu’ils ont aussi les épaules solides pour porter haut les couleurs du pays.

Le parcours sur le continent, aux prouesses et surprises

La conquête africaine a commencé en 2022 avec la participation de la sélection nationale U23 messieurs au tournoi Africain qualificatif au mondial Dubaï 2022, organisé à Addis-Abeba (Éthiopie) en janvier. Impressionnants, les Léopards, équipe nationale de RDC, ont terminé à la troisième marche du podium en battant l’Éthiopie, pays hôte, en match de classement. première surprise.

Les Léopards basketball sur fauteuil U23 présentant leur trophée de troisième place à la CAN Ethiopie 2022 au président de la République Félix Tshisekedi. © FECOBAF (avec son accord)

Après ce tournoi, les fauves congolais de la balle au panier sont allés en Afrique du Sud en avril pour y disputer le championnat d’Afrique U23, un tournoi à trois avec l’Afrique du Sud et le Kenya. Après avoir battu le Kenya en deux manches, la sélection congolaise a chuté en finale face au pays hôte. Deuxième surprise.

Et pour clôturer l’année 2022, la RDC a accueilli, en décembre, le premier tournoi africain mixte, dont ont participé le Niger et le Soudan du Sud. Ce tournoi, organisé par le Comité national paralympique congolais en appui du comité international de la Croix-Rouge (CICR), a été remporté par la sélection congolaise après sa victoire en finale face au Soudan du Sud. Troisième surprise.

Cette dynamique s’est poursuivie en 2023. En avril, la RDC a été choisi par l’IWBF (International Wheelchair Basketball Fédération) pour accueillir les éliminatoires de la zone centrale des Jeux paralympiques africains du Ghana en 2023. Historique.

Les athlètes congolaises Aline Nzigire et Gloria Malombo avec leurs trophées de meilleures athlètes africains. © FECOBAF (avec son accord)

Les basketteurs et basketteuses congolais s’étaient qualifiés en battant la Centrafrique en aller et retour dans les deux versions, lors de ce mini-tournoi qui aurait dû se jouer à trois avec le Cameroun qui, malheureusement, n’a pas fait le déplacement de Kinshasa.

En prélude de leur participation aux Jeux paralympiques africains au Ghana, les sélections nationales congolaises ont effectué deux stages de préparation entre juillet et août 2023, en vue d’affûter leurs armes pour une bonne participation. Le premier de 10 jours eût lieu à Bujumbura, au Burundi, et le second, le plus crucial, fût effectué à Johannesburg, en Afrique du Sud. C’est à partir du pays de Nelson Mandela que les athlètes congolais rallient Accra, la capitale ghanéenne pour participer à ces jeux qualificatifs aux Jeux paralympiques Paris 2024.

À Accra, les fauves congolais de la balle au panier se sont frottés aux grandes écuries du continent. À l’issue du tournoi, le bilan général était satisfaisant. Les Léopards dames du basket sur fauteuil ont décroché la médaille de bronze après avoir battu les Kényanes en petite finale. Encore une surprise.

De leur côté, les messieurs pointaient à la 6e position après avoir perdu face à l’Afrique du Sud en match de classement. Ces prouesses ont permis à la fédération d’être classée deuxième meilleure sur le continent. La RDC occupait la deuxième place en Afrique après l’Afrique du Sud chez les U23 et la troisième place chez les seniors après l’Égypte et l’Afrique du Sud. Un repositionnement au niveau africain dû à ces prouesses inimaginables quelques années plus tôt.

La case des difficultés, pas complètement décochée

En seulement quelques années, le basketball sur fauteuil congolais a élevé son niveau, preuve du potentiel et des ressources incroyables que possèdent ces athlètes à mobilité réduite. Mais cette progression fulgurante est mis en mal par un manque criant d’accompagnement et d’encadrement pour la bonne pratique de cette discipline par les à qui de droit.

Il faut reconnaître les immenses efforts consentis par la fédération avec des maigres moyens financiers venant de la subvention du gouvernement, dont les résultats sont plus parlants. Malheureusement, cette situation freine cet organe, malgré le dynamisme de son président, dans son élan de faire la promotion de cette discipline et de ses pratiquants. La FECOBAF n’est pas à même de répondre aux besoins spécifiques des athlètes, qui manquent de fauteuils roulants de bonne qualité.

Elle compte notamment sur le soutien du Comité international de la Croix-Rouge en RDC (CICR) dans le cadre de son programme de réadaptation. Cet appui dans le sport consiste à la fourniture des fauteuils roulants ou encore la construction d’infrastructures sportives.

Vecteur de l’inclusion sociale, le handibasket congolais à sauver d’urgence

L’amélioration des conditions de la pratique du basket sur fauteuil doit se faire dans une synergie entre les parents, l’organe faîtière qui est la fédération congolaise de basketball sur fauteuil et l’État congolais.

Les parents, les écoles, devraient veiller à ce que les enfants nés moins valides (handicapés de naissance) et ceux devenus handicapés, ne soient pas écartés dans la pratique de ce sport. Celà doit se faire dès le bas âge pour leur permettre de s’habituer avec l’environnement et de faciliter leur insertion sociale.

La fédération, quant à elle, doit améliorer son action dans cette discipline avec notamment l’encadrement continu des athlètes, en initiant des formations sur la psychologie et de civisme en dehors des entraînements afin d’élaguer de la tête des pratiquants ce complexe d’infériorité. Elle doit aussi initier un projet de création des clubs (toutes catégories et versions confondues), à travers le pays pour faciliter des bonnes sélections.

Au gouvernement congolais de considérer cette discipline au même titre que les autres. Cela passera par la révision à la hausse de sa subvention qui permettra d’assurer la prise en charge complète des athlètes sur tous les plans, mais aussi de leurs offrir des infrastructures sportives viables. Prônant une société congolaise inclusive et prospère, l’État congolais doit prendre réellement ses responsabilités, car l’Insertion sociale des personnes en situation de handicap passe aussi par les sports.

Nervy Kadiebue