Nervy Kadiebue

RS Berkane, la météorite orange qui illumine l’Afrique

Trois étoiles africaines, un titre national, une finale 2025 jouée dans la douleur mais gagnée avec le cœur : la Renaissance Sportive de Berkane a frappé un grand coup. Plus qu’un simple club, la RS Berkane incarne une ascension fulgurante. Longtemps restée dans l’ombre des géants du football marocain, cette équipe de l’Oriental du royaume chérifien avance dans le panthéon du foot africain sans faire de bruit, mais avec une constance qui force le respect. Décryptage dans ce billet.

Une finale tendue, une délivrance au bout du suspense

Revenons d’abord sur le film de la finale. Le dimanche 25 mai dernier, le stade Amaan de Zanzibar, préféré par la CAF au Benjamin Mkapa Stadium, s’est transformé en véritable chaudron. Simba SC, poussé par un public en fusion et animé d’un fort désir de revanche, avait préparé tous les ingrédients d’une « remontada ». Il faut dire que les Tanzaniens accusaient deux buts de retard après leur défaite 2-0 à Berkane. Mais la RS Berkane était venue avec une arme maîtresse : le sang-froid.

Dès la 17e minute, Joshua Mutale, bien servi par un centre en retrait d’Elie Mpanzu, allume la première mèche et ravive l’espoir des siens (1-0). La première mi-temps, tendue et hachée, voit Berkane en difficulté face à une équipe tanzanienne déchaînée. Mais l’expulsion de Yusuph Kagoma (62e), sanctionné d’un second carton jaune, change la donne. Les Berkanis reprennent alors le contrôle, posent le pied sur le ballon et attendent l’erreur.

Elle surviendra dans les arrêts de jeu. Soumaila Sidibé surgit, opportuniste, pour transformer une bourde de la défense tanzanienne en but égalisateur à la 90+3e. Un score de 1-1 qui scelle une troisième étoile continentale pour la Renaissance Sportive de Berkane (après 2020 et 2022) et offre une douce revanche après la défaite en finale l’an dernier contre Zamalek SC d’Égypte.

RSB, d’une ascension modeste à l’élite du foot marocain

Fouzi Lekjaa, artisan de la mutation du club depuis 2012.

Il y a encore une dizaine d’années, la RS Berkane n’était qu’un club régional parmi tant d’autres. Tout s’accélère en 2012 : montée en Botola Pro, l’élite du football marocain qu’elle n’a plus quittée depuis, réorganisation administrative, et surtout, un cap stratégique clair, incarné par le fils du pays, Fouzi Lekjaa, alors président du club.

Année après année, le club oriental s’installe dans le paysage footballistique national. Il apprend, échoue, corrige, progresse. En 2018, première finale continentale, perdue. En 2020, le Graal est atteint. Depuis, Berkane a disputé cinq finales africaines en six ans. Et cette saison 2024-2025, elle rafle presque tout : championne du Maroc, victorieuse en Coupe de la CAF, finaliste de la Coupe du Trône (à jouer). Une hégémonie assumée.

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Les piliers du succès de la RS Berkane

Mouine Chaâbani, coach expérimenté, stratège de cette saison historique. © RSB

Une gestion modèle. On pourrait croire à une exception ; c’est surtout une leçon de gouvernance. La RS Berkane gère ses affaires avec sérieux et rigueur : un stade municipal de Berkane modeste mais bien entretenu, une structure financière saine, des choix sportifs réfléchis. Le club évite les excès et trace sa route avec méthode.

La stabilité avant tout. À Berkane, un entraîneur ne saute pas à la première défaite. Le club laisse le temps aux projets de mûrir. Mouine Chaâbani, actuellement aux commandes, en est l’exemple parfait : double vainqueur de la Ligue des champions avec l’Espérance de Tunis, il apporte son expertise sans bouleverser l’équilibre. Avant lui, le congolais Florent Ibengé ou le Marocain Tarik Sektioui avaient eux aussi bénéficié de cette rare patience dans le football moderne.

Un recrutement intelligent. Berkane est désormais un redoutable acteur du marché des transferts, capable de rivaliser avec les géants casablancais, le Wydad et le Raja. Le club paie bien, mais surtout, il sait attendre. Il dispose désormais des moyens financiers et d’un projet sportif crédible pour attirer les meilleurs. Le recrutement est sobre, mais chirurgical : Munir Mohamedi dans les cages, Mamadou Lamine Camara en dynamiteur, incarnent par tant d’autres joueurs cette politique.

RSB, une philosophie locale, une ambition continentale

Ce qui rend la RSB unique, c’est sa capacité à représenter fièrement sa région tout en s’imposant à l’échelle nationale et continentale. La moyenne d’âge de l’équipe a baissé, les académies locales se développent, et les ambitions restent lucides : la pérennité d’abord, la Ligue des champions ensuite — mais jamais au détriment de l’identité du club.

Dans un Maroc où le Wydad, le Raja ou l’AS FAR font la une des médias, Berkane construit son édifice pierre après pierre, en silence. Et avec trois sacres en Coupe de la CAF, elle est désormais co-détentrice du record de la compétition, aux côtés du CS Sfaxien (Tunisie).

RS Berkane, la révolution tranquille

Le palmarès impressionnant de la RS Berkane depuis 2018. © Nervy Kadiebue

Cinq finales de Coupe de la CAF en six ans, trois titres. Un sacre national. Une moisson régulière. RSB s’impose comme une référence. Sa régularité et son efficacité dans les grands rendez-vous témoignent d’un projet sportif désormais solide.Avec une Coupe du Trône encore à jouer, Berkane peut rêver d’un triplé historique cette saison. Mais même sans cela, la saison 2024-2025 est déjà une réussite absolue pour les Berkanis.

Dans une Afrique du football souvent marquée par l’instabilité, la Renaissance Sportive de Berkane offre un modèle rare : celui d’un club patient, méthodique et terriblement ambitieux. Une étoile orange, discrète, mais qui brille de plus en plus fort dans le ciel du football africain.

Nervy Kadiebue


Ibrahim Diarra, le crack malien du Barça, brille en Youth League

Le football ne raconte pas que des matchs, mais aussi des destins. Celui d’Ibrahim Diarra résonne désormais avec éclat dans le monde du football. À seulement 18 ans, l’ailier malien a illuminé la finale de la Youth League 2025, la Ligue des champions U19 de l’UEFA, offrant le titre au FC Barcelone grâce à un doublé et une passe décisive face à Trabzonspor (4-1). Élu meilleur joueur de la finale, Diarra est aujourd’hui l’un des talents les plus prometteurs du FC Barcelone.

Découvrons ensemble le portrait d’un diamant brut venu de Bamako, promis à un avenir brillant, que le football mondial va devoir apprendre à connaître.

Diarra, une pépite façonnée à Bamako

Ibrahim Diarra effectuant les exercices physiques lors d’un entraînement intense sous les ordres de Juliano Belletti.

Ibrahim Diarra n’est pas né en Catalogne, mais bien à Bamako, au Mali, le 12 décembre 2006. Et c’est là, sur les terrains poussiéreux de la réputée Académie Africa Foot qu’il a été poli. Il y arrive à 13 ans, discret, mais déjà différent. « Il avait toujours ce truc en plus. Une vision rare, une vivacité de félin », confie Bourama Siré, l’un de ses anciens entraîneurs, dans une interview accordée à CAFOnline.com.

Sous le soleil brûlant de Bamako, le gaucher affine son dribble, son sens du jeu inné et son élégance balle au pied. En décembre 2024, lors d’un tournoi de jeunes, ses dribbles et sa vista séduisent les recruteurs du Barça. Dès janvier 2025, il rejoint la Masia, l’école de formation du Barça, pour un essai concluant. Il signe dans la foulée un contrat jusqu’en 2028 avec le Barça pour un montant estimé à 2,5 millions d’euros. Cinq mois plus tard, il devient champion d’Europe U19, offrant la victoire au Barça en finale de la Youth League 2025 face à Trabzonspor (4-1), avec 2 buts et 1 passe décisive.

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Une star révélée à la Coupe du monde U17 2023

Ibrahim Diarra lève les bras après son but en quart de finale de la coupe du monde U17 2023 en Indonésie face au Maroc.

Le jeune Malien Ibrahim Diarra n’a pas attendu le Vieux Continent pour se faire connaître. Lors de la Coupe du monde U17 de la FIFA de 2023 en Indonésie, il crève l’écran en enchaînant les prestations éclatantes. 5 buts, 4 passes décisives, et une omniprésence sur le flanc gauche de l’attaque.

À l’issue de la compétition, le Mali termine troisième — un exploit historique. Et Diarra repart avec le Soulier d’argent (deuxième meilleur buteur), ainsi qu’une place dans l’équipe-type du tournoi. Mais au-delà des chiffres, c’est son style qui marque les esprits : prise de balle soyeuse, conduite fluide, et une capacité à faire la différence en un contre un. Son but en quart de finale face au Maroc (1-0), une frappe sublime du gauche dans la lucarne opposée, reste gravé dans les mémoires.

Un surnom évocateur, le “Kaká malien”

Ibrahim Diarra lors d’un match avec l’Académie Africa Foot de Bamako.

Dès son arrivée à la Masia, Ibrahim Diarra s’est rapidement intégré dans l’effectif des jeunes catalans. Ses coéquipiers continuent de l’appeler par son surnom qu’il traîne depuis Bamako : Kaká, en référence à l’ancienne star brésilienne du Real Madrid. Ce n’est pas pour rien : même élégance, même verticalité, même capacité à casser les lignes d’un simple contrôle orienté.

« La seule différence entre les deux joueurs est que Ibrahima Diarra est gaucher, tandis que Ricky Kaká est droitier. Sinon, il est très intelligent. Il a une belle lecture du jeu et le sens de l’anticipation. », déclaré l’un de ses anciens encadreurs Mahamadou Diawara à Africa Foot.

Capable d’évoluer sur l’aile comme dans l’axe, Diarra est un électron libre qui ne dérègle jamais le collectif. Juliano Belletti, son entraîneur au Barça U19, résume. «  Il a la capacité d’être un électron libre sans jamais sortir du cadre collectif. C’est ce qui fait les grands. »

Sur les traces de la légende Seydou Keita

Ainsi, en rejoignant le FC Barcelone, Ibrahim Diarra devient le deuxième Malien de l’histoire du club après Seydou Keita, figure emblématique ayant remporté de nombreux titres entre 2008 et 2012, notamment deux Ligues des champions et trois Ligas. Pourtant, Diarra ne semble pas intimidé ; bien au contraire, Keita est une inspiration, un modèle à suivre pour lui.

Par ailleurs, à 15 ans, Ibrahim Diarra battait un vieux record de précocité. Celui du plus jeune international malien de l’histoire, vieux de 60 ans, en étant convoqué en équipe nationale A par Éric Chelle. Il surpassait ainsi la légende Salif Keïta. Un signe de sa maturité précoce et de son potentiel hors du commun.

Ibrahim Diarra, l’avenir du Mali et du Barça

Avec Ibrahim Diarra, le Mali peut rêver plus grand. Aux côtés d’autres jeunes prodiges comme Hamidou Makalou ou Mamadou Doumbia, il incarne une génération malienne ambitieuse, décomplexée et prête à conquérir l’Afrique et le monde.

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Au Barça, les dirigeants n’ont aucun doute : ils tiennent là une pépite d’avenir. Et l’Afrique, elle, célèbre déjà l’éclosion de l’un de ses fils. En effet, pour ceux qui l’ont vu jouer, de Bamako à Jakarta, ce n’est pas une surprise. C’était une évidence.

Souvenez-vous de ce nom : Ibrahim Diarra. Dans quelques années, quand il fera rugir le Spotify Camp Nou ou briller un autre grand stade d’Europe, on se rappellera qu’il n’est pas tombé du ciel. Il venait de Bamako. Et il avait tout, depuis le début.

Nervy Kadiebue


CAN U17 2025 : le Maroc, enfin sur le toit de l’Afrique !

Cette fois, ils n’ont pas manqué leur rendez-vous avec l’histoire lors de la CAN U17 2025. Sous les yeux de leur public en ébullition, au stade El Bachir de Mohammédia, les Lionceaux de l’Atlas ont décroché leur tout premier titre continental. Face à un adversaire redoutable, le Mali, double champion de la compétition, ils ont triomphé au terme d’une finale âprement disputée, conclue par une séance de tirs au but (0-0, 4-2 t.a.b). Grâce à ce sacre tant attendu, le Maroc tourne définitivement la page de sa finale perdue en 2023 contre le Sénégal (1-2) et inscrit enfin son nom au palmarès de la CAN U17. Bien plus qu’un simple exploit ponctuel, cette consécration vient clore un cycle construit autour d’un projet sportif ambitieux, amorcé par l’ex-sélectionneur Saïd Chiba.

Le samedi 19 avril, les 90 minutes du temps réglementaire n’ont pas suffi à départager Marocains et Maliens. Il a fallu attendre la fatidique séance des tirs au but pour voir le Maroc l’emporter grâce à deux arrêts de l’impérial Chouaib Bellaarouch, ainsi qu’une panenka d’Ilies Belmokhar.

Une finale électrique, un vrai bras de fer

Les Lionceaux de l’Atlas célèbrent leur premier titre à la CAN U17 2025 après leur victoire face au Mali
Les joueurs marocains exultent après leur sacre historique à la CAN U17 2025, au stade El Bachir de Mohammédia.

Dès le coup d’envoi, la tension était palpable, tant sur la pelouse que dans les tribunes. Les espaces étaient rares, les pertes de balle fréquentes, et comme souvent dans ce genre de match, les maladresses dues à l’enjeu de cette CAN U17 2025 ont longtemps bridé le jeu.

Le Mali U17 a dominé le premier acte, se procurant plusieurs occasions franches, mais péchant par un manque de justesse. Le but refusé de Soumaila Fané pour une main évidente et la frappe manquée de Tiemmoko Berthe illustrent bien cette domination stérile. En réaction, les Lionceaux ont resserré les lignes grâce à leur défense centrale. Ziyad Baha s’est notamment signalé par un tir lointain, et même une reprise dangereuse repoussée par le portier malien.

Au retour des citrons, le Maroc a repris le contrôle, mené par le talentueux Abdellah Ouazane. Les occasions se sont alors multipliées, comme cette frappe d’Ahmed Mouhoub ou la tête manquée à bout portant de Baha. Moins incisifs, les Aiglonnets de l’entraîneur Adama Diefla Diallo ont tout de même résisté jusqu’au coup de sifflet final.

Des Lionceaux intraitables aux tirs au but

Chouaib Bellaarouch réalise un arrêt décisif lors de la séance de tirs au but contre le Mali en finale de la CAN U17 2025
Chouaib Bellaarouch, gardien formé à l’Académie Mohammed VI, héros de la séance de tirs au but en finale.

La séance des tirs au but fut décisive. Les Lionceaux y ont démontré sang-froid et maîtrise, l’emportant 4-2, avec deux arrêts déterminants de Chouaib Bellaarouch et, pour conclure, une panenka culottée signée Ilies Belmokhar pour sceller le sort du match.Très ému, le sélectionneur marocain Nabil Baha a salué la performance de ses joueurs au micro de RFI.

« C’est une grande fierté pour moi, c’est ma première expérience en tant qu’entraîneur principal. Nous sommes les premiers à avoir remporté cette Coupe d’Afrique dans cette catégorie, donc nous resterons à jamais dans l’histoire. Je pense que ce trophée est amplement mérité. »

Quant au Mali, bien que frustré, peut sortir la tête haute de cette CAN U17 2025, avec un parcours solide jusqu’en finale. Une performance bien meilleure que celle de l’édition 2023 en Algérie (éliminé en quarts).

Un parcours solide, une équipe pleine de caractère

Abdellah Ouazane, élu meilleur joueur du tournoi, mène l’attaque marocaine pendant la finale de la CAN U17 2025
Le jeune talent d’Ajax Amsterdam, Abdellah Ouazane, a illuminé le tournoi de son talent et de sa vision de jeu.

Le chemin des Lionceaux vers le titre n’a pas été de tout repos. En effet, en phase de groupes, ils ont surclassé l’Ouganda (5-0) et la Tanzanie (3-0), concédant un nul face à la Zambie (0-0). En quarts, ils se sont imposés 3-1 contre l’Afrique du Sud, avant de venir à bout d’une solide Côte d’Ivoire en demi-finale (0-0, 4-3 t.a.b).

Par ailleurs, le Maroc a également raflé presque toutes les distinctions individuelles. Abdellah Ouazane a été sacré meilleur joueur du tournoi. Chouaib Bellaarouch, le gardien de but prolifique formé à l’Académie Mohammed VI, a été plébiscité meilleur gardien du tournoi et homme du match en finale. De son côté, Nabil Baha a été récompensé du prix de meilleur entraîneur.

Le Mali, de son côté, s’est vu décerner le prix du fair-play, une distinction saluant son esprit sportif exemplaire et son parcours remarquable sous la direction d’Adama Diefla Diallo.

Un cycle clôt, un héritage honoré avec la CAN U17 2025

Nabil Baha, sélectionneur du Maroc U17, brandit le trophée de la CAN 2025 après la victoire face au Mali
Nabil Baha, premier sélectionneur marocain à remporter la CAN U17, savoure une victoire historique.

Ce sacre vient couronner un projet entamé sous la houlette de Saïd Chiba. Ce dernier avait mené l’équipe jusqu’en en finale en 2023 (perdue 2-1 face au Sénégal) avant son départ. Aujourd’hui, son successeur Nabil Baha s’inscrit dans cette continuité. «  Saïd a fait un travail remarquable. Il a su bâtir un groupe solide, et poser les fondations d’une équipe compétitive. Ce que nous vivons aujourd’hui, c’est aussi grâce à lui. C’est important de le dire. », avait déclaré l’ancien international marocain dans une interview à Cafonline.com.

Plus tôt que de tout changer, Baha a simplement peaufiné ces fondations. Et le résultat est là : un collectif plus solide, une défense hermétique (1 but encaissé pour 11 marqués), une équipe plus équilibrée. Et par-dessus tout, des individualités qui ont brillé au bon moment.

Les jeunes Lionceaux n’ont pas seulement remporté la 15e édition de la CAN U17, ils ont aussi brillamment achevé un cycle. Ils ont, en outre, écrit en lettres d’or une nouvelle page de l’histoire du football marocain.

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Une stratégie de développement gagnante

Le complexe sportif Mohamed VI.

Depuis plus d’une décennie, le Royaume chérifien a misé sur une stratégie sportive – et surtout le football – comme levier de développement. Formations, modernisation des infrastructures, amélioration de la gouvernance. Tout a été pensé dans une logique cohérente. Et les résultats parlent d’eux-mêmes.

Entre autres, demi-finale des Lions de l’Atlas au Mondial 2022 de la FIFA, victoire en U23, exploits en futsal, la qualification des filles en 8e de finale de la Coupe du monde, participation aux JO Paris 2024… et désormais, cette CAN U17… Le Maroc rayonne.

Un triplé historique en ligne de mire

L’année 2025 est celle de tous les défis. Après remporté la CAN U17 2025, le maroc s’attaque maintenant à la CAN féminine en juillet, puis à la CAN masculine en décembre.

L’objectif est limpide : réaliser un triplé historique à domicile. Le rêve a déjà commencé à prendre forme avec la victoire des U17. Il reste deux étapes à franchir pour que ce rêve prenne toute sa dimension.

Ce titre de CAN U17 2025, ce n’est pas juste une ligne de plus dans le palmarès. Il démontre qu’un projet de football cohérent et ambitieux peut mener au sommet. Le Maroc, en cela, trace la voie à suivre pour tout le continent africain sans contestation aucune.

Nervy Kadiebue


Kirsty Coventry, Bestine Kazadi et Kanizat Ibrahim : ces femmes qui défient les codes du pouvoir dans le sport

En ce mois de mars, dédié à la célébration des droits des femmes, plusieurs figures féminines africaines se sont distinguées dans le monde du sport, chacune à sa manière. Parmi elles, trois ont particulièrement marqué cette période, et il est essentiel de leur rendre hommage dans ce billet : Kirsty Coventry, la Zimbabwéenne élue présidente du Comité International Olympique (CIO) ; Bestine Kazadi, la Congolaise récemment élue vice-présidente de la Confédération africaine de football (CAF), en charge du football féminin ; et Kanizat Ibrahim, la Comorienne récemment intégrée au comité de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA).

Kirsty Coventry, une légende olympique et première femme à la tête du CIO

Kirsty Coventry. Crédit : © CIO/Greg Martin

Kirsty Coventry, ancienne nageuse d’élite et détentrice de plusieurs médailles olympiques, a été élue 10e présidente du Comité International Olympique lors de la 144ᵉ session du CIO, le 20 mars à Costa Navarino (Grèce). Seule candidate féminine, elle a remporté ce scrutin hautement symbolique avec 49 voix sur 97, devançant largement ses six concurrents masculins. À 41 ans, elle devient ainsi la première femme et le premier Africain à diriger l’instance suprême du sport.

« J’espère que cette élection sera une source d’inspiration pour de nombreuses personnes. Aujourd’hui, un plafond de verre a été brisé et je suis pleinement consciente de mes responsabilités en tant que modèle », avait-elle déclaré, émue, lors de son discours.

Élue pour un mandat de huit ans (renouvelable quatre ans), Kirsty Coventry succédera à Thomas Bach le 23 juin 2024. Son manifeste, inspiré de la philosophie africaine Ubuntu (« Je suis parce que nous sommes »), s’articule autour de cinq priorités : exploiter le pouvoir du sport, maximiser la collaboration et l’engagement, renforcer les partenariats pour une croissance mutuelle, promouvoir le développement durable et promouvoir la crédibilité et la confiance.

Des dossiers brûlants attendent la nouvelle présidente du CIO : la participation des athlètes russes aux JO d’hiver 2026 (Milan-Cortina), suspendus depuis l’invasion de l’Ukraine ; le dialogue avec Donald Trump pour les JO de 2028 à Los Angeles ; les critères d’éligibilité des athlètes féminines, après les polémiques sur le genre de deux boxeuses lors des JO de Paris 2024.

Son parcours est exemplaire, tant sur le plan sportif que sur le plan administratif. Sur le terrain, elle a décroché sept médailles olympiques, dont deux en or sur 200 m dos (2004 et 2008). Elle a aussi remporté trois titres mondiaux en grand bassin et 14 médailles d’or aux Jeux Africains. Du côté administratif, elle a été présidente de la commission des athlètes au CIO, représentante des athlètes à l’Agence Mondiale Antidopage, vice-présidente de la Fédération Internationale de Surf, et ministre des Sports, des Arts et de la Jeunesse depuis 2019. Ce parcours témoigne d’une détermination sans faille et d’une polyvalence rare, lui offrant ainsi une vision globale du sport.

Avec son élection, la native de Harare (Zimbabwe) incarne le leadership féminin, l’engagement et inspire les générations à croire en leur potentiel et à viser des rôles de décision au sein des instances sportives.

Bestine Kazadi, la première Congolaise à la CAF

Bestine Kazadi
Bestine Kazadi. Crédit : © As V.Club

De l’autre côté du spectre sportif, Bestine Kazadi Ditabala se distingue par son rôle crucial au sein de la CAF. En tant que vice-présidente nouvellement élue lors de l’assemblée générale extraordinaire et électif de la CAF de mars, en charge du football féminin, elle est une pionnière dans un domaine encore largement dominé par les hommes et devient la première femme congolaise à intégrer le comité exécutif de l’instance faîtière du football africain.

« Fière de représenter mon pays, la RDC, à l’instance sportive africaine la plus influente ! Je mesure la responsabilité de porter la voix du peuple congolais, qui lutte avec résilience contre la tragédie humanitaire et l’occupation illégitime de son territoire », avait écrit l’ancienne présidente de l’AS V.Club de Kinshasa, l’un des clubs emblématiques de la RDC, sur son compte X.

Kazadi succède à ce poste à la Comorienne Kanizat Ibrahim pour un mandat de quatre ans et devient la troisième personne de nationalité congolaise (et première femme) à intégrer le comité exécutif de la CAF, après Constant Omari Selemani (ancien vice-président) et Véron Mosengo-Omba, l’actuel secrétaire général de cette instance.

Réputé pour son engagement constant en faveur du sport, la désormais 5e vice-présidente de la CAF s’est engagée à promouvoir le football féminin en Afrique, à renforcer les infrastructures et à offrir plus d’opportunités aux jeunes talents féminins. Bestine Kazadi, leader engagée et déterminée, incarne l’aspiration de la République Démocratique du Congo à jouer un rôle clé au sein des organes décisionnels de la CAF.

Son élection marque également une avancée majeure pour la jeunesse congolaise, notamment les jeunes filles, qui trouvent en son parcours une source d’inspiration pour s’engager dans le domaine sportif.

Kanizat Ibrahim, la première Comorienne à la FIFA

Kazinat Ibrahim, leadeuse de sport
Kazinat Ibrahim. © CAF média

Enfin, Kanizat Ibrahim représente une voix nouvelle et dynamique au sein de la FIFA. En intégrant le comité exécutif de l’organe faîtière du football mondial en tant que l’une des représentants de l’Afrique pour les quatre prochaines années, elle devient la première Comorienne à ce niveau et actrice clé dans les décisions qui façonneront l’avenir du football mondial.

Son élection lors de l’assemblée générale extraordinaire de la CAF a été un franc succès (30 voix sur 52) devant ses principales adversaires, la Sierra-Léonaise Isha Johansen (7 voix) et la Djiboutienne Lydia Nsekera (13 voix).

« C’était mon objectif de pouvoir un jour accéder à la FIFA, aujourd’hui j’y suis. C’est une fierté pour les Comores, les femmes et l’Afrique », avait-t-elle déclaré à RFI, promettant d’œuvrer pour le développement du football féminin.

Cette nomination récompense des années d’efforts pour l’ex 5ᵉ vice-présidente de la CAF, qui avait déjà marqué les esprits en redressant la Fédération Comorienne de football (FFC), en crise à l’époque entre 2019 et 2021, en tant que présidente du comité de normalisation.

L’ancienne vice-présidente de la CAF, va représenter le continent à la FIFA aux côtés de cinq autres membres du comité exécutif de la CAF pour un mandat de 4 ans (2025-2029). Sa présence au sein de la plus prestigieuse instance du football mondial ouvre un nouveau chapitre pour le football comorien.

Trois inspirations pour des générations

Bestine Kazadi et Kanizat Ibrahim, leaders de la CAF
Bestine Kazadi et Kanizat Ibrahim lors de l’assemblée générale extraordinaire de la CAF de mars. © CAF média

Ces trois femmes, par leur engagement et leurs réalisations, redéfinissent les codes du pouvoir dans le sport. Elles démontrent que l’inclusion et la représentation féminine sont essentielles pour bâtir un avenir sportif plus équitable. En cette période de célébration des droits des femmes, il est crucial de reconnaître leurs contributions et de soutenir leurs efforts pour inspirer l’actuelle génération et celles à venir de leaders féminines dans le monde du sport.

Ensemble, la Zimbabwéenne Kirsty Coventry, la Congolaise Bestine Kazadi et la Comorienne Kanizat Ibrahim ouvrent la voie à un changement significatif, prouvant que le pouvoir et l’influence ne connaissent pas de genre. Leur parcours est un modèle de détermination et de résilience pour les femmes du monde entier, et particulièrement celle du continent africain pour qui aspirent à faire entendre leur voix et changer les dynamiques du sport sur l’échiquier continental et mondial. Honneurs à vous, chères « dames de fer », pour votre excellence continue, nous vous célébrons encore et encore.

Nervy Kadiebue

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AfroBasket Angola 2025 : l’épopée d’une qualification épique des Léopards de la RDC

Les Léopards basketball de la République démocratique du Congo (RDC) ont décroché leur ticket pour le Championnat d’Afrique masculin de basketball (AfroBasket) Angola 2025. Un parcours épique aux éliminatoires qui a débuté à Dakar, au Sénégal (2e fenêtre), pour s’achever en apothéose à Rabat, au Maroc (3e et dernière fenêtre), marqué par des performances impressionnantes et un triomphe éclatant. Retour sur une qualification qui fait rêver tout un pays.

Placés dans le groupe A des qualifications aux côtés du Soudan du Sud, du Maroc et du Mali, les Léopards ont su relever le défi. Avec cinq victoires en six matchs, ils ont dominé leur groupe et assuré leur qualification lors de la troisième fenêtre à Rabat, au Maroc, en février dernier. Une campagne marquée par des moments forts, notamment leur victoire surprise et méritée face au Soudan du Sud, alors invaincu depuis août 2022 et meilleure équipe africaine selon le classement de la Fédération internationale de basketball (FIBA).

Dakar, le déclic congolais

Tout a commencé à Dakar, au Sénégal, en novembre 2024, lors de la deuxième fenêtre des éliminatoires. Sous la houlette de l’entraîneur Michel Perrin, les Léopards de la balle au panier ont enchaîné trois victoires en autant des matchs. Après avoir battu le Mali (72-64) et le Maroc (74-65), ils ont créé la surprise en dominant le Soudan du Sud (76-69), mettant fin à leur série d’invincibilité. Une performance qui a marqué les esprits et propulsé la RDC en tête du groupe A.

Équipe de basketball des Léopards, de République démocratique du Congo
Les Léopards basketball © FIBA

Luol Deng, l’entraîneur sud-soudanais, avait d’ailleurs salué le travail des Congolais : « Crédit à la RDC. Ils sont bien entraînés et ont très bien joué », avait-il déclaré à FIBA média.

Rabat, la confirmation pour les Léopards

La troisième fenêtre, à Rabat en février dernier, a été l’occasion pour les Léopards de valider leur ticket pour l’Angola. Dès le coup d’envoi, les fauves congolais ont marqué leur territoire en battant à nouveau le Mali (65-59), validant ainsi leur qualification pour l’AfroBasket 2025. Ils ont ensuite confirmé leur position de leader du groupe A en dominant les locaux marocains (66-55), rendant le dernier match face au redoutable Soudan du Sud sans enjeu, malgré une défaite (58-89).

Le trio Jordan Sakho, Christian Lutete IV et Rolly Fula a brillé tout au long des qualifications. Lutete a marqué 91 points, Fula 70 points, et Sakho a dominé les rebonds avec 45 prises. Des statistiques qui parlent d’elles-mêmes. Le retour du meneur Maxi Shamba lors de la 3e et dernière fenêtre, absent depuis 2021, a également boosté l’équipe.

Objectif des Léopards en Angola, faire mieux qu’à Kigali

Le joueur Jordan Sakho en action sur le court
Jordan Sakho en duel avec un Malien © FIBA

Les Léopards se rendront en Angola en août 2025 pour leur huitième participation à l’AfroBasket, la plus grande messe continentale du basketball. Après une décevante 15e place en 2007 lors de leur dernier passage en terres angolaises, ils visent cette fois un classement bien plus élevé. Leur objectif ? Dépasser leur 13e place de 2021 à Kigali au Rwanda et retrouver le top 4, un rang qu’ils ont atteint pour la dernière fois en 1975 à Alexandrie, en Égypte.

Cette qualification ouvre également à la la sélection nationale congolaise les portes des éliminatoires africaines de la Coupe du Monde qui se tiendra au Qatar en 2027. Une éventuelle qualification inédite pour la RDC, qui rêve désormais de briller sur la scène internationale, sera une grande première.

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Un AfroBasket 2025 qui s’annonce explosif

Cette 31ième édition de l’AfroBasket se tiendra sur les parquets angolais, du 12 au 24 août 2025. Selon la FIBA, trois villes : Benguela, Luanda et Namibe en Angola ont été choisies pour accueillir l’événement. L’Angola abritera donc cette compétition pour la quatrième après 1989, 1999 et 2007.

Avec 16 équipes qualifiées, notamment l’Angola (nation hôte et 11 fois sacrées), le Sénégal, le Nigeria, la Tunisie et bien sûr la République démocratique du Congo, le tournoi promet d’être spectaculaire et explosive. La Tunisie, double tenante du titre (2017 et 2021), devra faire face à une concurrence redoutable pour conserver son titre. En attendant le tirage au sort, les Léopards, eux, sont prêts à rugir et à écrire une nouvelle page de leur histoire dans les annales du basketball continental.

Nervy Kadiebue


Merveille Kanjinga au PSG, un pas de géant pour le football féminin congolais

C’était qu’une question de temps, l’attaquante congolaise Merveille Kanjinga s’est officiellement engagée avec l’équipe féminine du Paris Saint-Germain vendredi 31 janvier 2025. La désormais ancienne joueuse du FCF Mazembe a paraphé un bail de deux ans et demi, courant jusqu’au 30 juin 2027. Cette signature fait de Kanjinga la première joueuse congolaise, venue de la République démocratique du Congo (RDC), à évoluer au sein du club francilien. Un tournant majeur pour sa carrière, mais aussi pour le football féminin congolais, en pleine émergence.

Sans dévoiler le montant du transfert, c’est via son site officiel que le Paris Saint-Germain a annoncé, vendredi 31 janvier 2025, la signature de l’internationale congolaise Merveille Kanjinga pour une durée de deux ans et demi.

« Le Paris Saint-Germain est heureux d’annoncer l’arrivée de Merveille Kanjinga. L’attaquante internationale congolaise rejoint le club jusqu’au 30 juin 2027 », peut-on lire sur le site du club rouge et bleu.

La réaction de la Congolaise ne s’est pas fait attendre. Merveille a partagé la bonne nouvelle sur sa page Facebook, exprimant sa joie de voir un rêve se concrétiser.

« Je suis ravie de vous annoncer que j’ai signé un nouveau contrat avec le Paris Saint-Germain féminin ! C’est un rêve devenu réalité de rejoindre un club aussi prestigieux, rempli de talent et d’histoire. Je suis impatiente de relever ce nouveau défi et de donner le meilleur de moi-même sur le terrain », a écrit la nouvelle recrue parisienne. Des mots empreints d’émotion qui traduisent sa détermination à briller sous ses nouvelles couleurs.

Les débuts prometteurs

Merveille Kanjinga posant avec le sacre de la Ligue des champions de la CAF. Crédit : © CAF média

Merveille Kanjinga, surnommée « Cyborg » ou encore « Robot », est une avant-centre de métier, capable également de jouer sur les côtés. Elle est dotée d’une rapidité remarquable, d’une technique raffinée et d’une efficacité redoutable devant le but. Des atouts qui font d’elle l’une des meilleures buteuses du continent africain.

Née le 1er février 2003 à Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï-Oriental, Merveille Kanjinga a grandi à Likasi, dans la province du Lualaba, où elle a découvert sa passion pour le football à son adolescence. À 17 ans, elle commence à jouer au football de rue, et son talent exceptionnel attire l’attention du FCF Bana Mukuba, qu’elle rejoint en 2019.

Dès sa première saison, elle se distingue comme meilleure buteuse du championnat de l’entente urbaine de Likasi. Ses performances lui valent d’être repérée par le FCF Mazembe, qu’elle rejoint en 2021.

La montée en puissance telle une flèche

Dès son arrivée à Lubumbashi, elle s’intègre rapidement et s’impose comme un pilier de l’attaque des Corbeaux, terminant sa première saison comme meilleure buteuse du championnat national de football féminin avec 23 réalisations.

Au cours de ses trois années sous les couleurs de Mazembe, Merveille Kanjinga a accumulé les titres. Elle a remporté trois doublés Championnat national – Coupe de RDC (2022, 2023, 2024), quatre fois le Championnat provincial du Katanga (2021, 2022, 2023 et 2024), deux fois le tournoi de l’UNIFFAC (2022 et 2024) ainsi que la Ligue des champions féminine de la CAF en 2024.

Lors de cette prestigieuse compétition continentale au Maroc, « Cyborg » a inscrit 3 buts et délivré 2 passes décisives. Des performances qui lui ont valu une place dans l’équipe type du tournoi et une nomination pour le titre de « meilleure joueuse des Interclubs ».

Sur le plan individuel, l’ancienne joueuse du FCF Mazembe a été élue meilleure joueuse du championnat national (LINAFF) à deux reprises (2022 et 2024) et meilleure joueuse de l’UNIFFAC en 2022.

Avec la sélection nationale de la République démocratique du Congo, Merveille Kanjinga compte 6 sélections et 2 buts inscrits. Ses performances lors des éliminatoires de la CAN féminine 2024 ont contribué à la qualification historique de la RDC à cette compétition, après 12 ans d’absence.

Un chapitre clos, un nouveau à écrire à Paris

Merveille Kanjinga lors de sa signature au PSG. Crédit : © PSG féminin

Après avoir fait la pluie et le beau temps au FCF Mazembe, Merveille Kanjinga n’a pas manqué d’exprimer sa gratitude à ce club qui lui a permis d’éclore aux yeux du monde.

« (…) Mazembe n’a pas été qu’un simple club pour moi ; c’est ma première équipe professionnelle, un endroit où j’ai grandi, appris et surtout, où j’ai reçu tant d’amour et de soutien. Chaque entraînement, chaque match, chaque instant passé sur le terrain avec mes coéquipières a été une expérience inoubliable. Vous m’avez tout donné, et pour cela, je vous en serai toujours reconnaissante.(…) Merci, Mazembe, pour tout ! », a écrit la néo-parisienne dans une nouvelle publication sur son mur Facebook.

Au PSG, Merveille débarque avec l’objectif de briller à l’Arkema Premier League, l’un des meilleurs championnats de football féminin au monde. Pour y parvenir, elle devra faire ses preuves face à une concurrence acharnée, notamment avec Marie-Antoinette Katoto (en fin de contrat à la fin de la saison) et Romée Leuchter, pour apporter des solutions dans le secteur offensif du club parisien.

Le PSG, deuxième en championnat et surtout éliminé en ligue des Champions de l’UEFA, comptera sur le talent et l’efficacité de celle qui a fêté ses 22 ans le 1er février pour bien entamé la seconde partie de la saison et revenir à la charge en ligue des Champions la saison prochaine pour tenter encore de briser la malédiction européenne qui hante le club.

Le football féminin congolais à l’honneur

L’équipe type de la Ligue des champions CAF avec Merveille Kanjinga. Crédit : © CAF women

La signature de Kanjinga marque une étape décisive dans sa carrière. Elle devient ainsi la première joueuse congolaise à évoluer au PSG. Cet événement représente un tournant majeur pour le développement du football féminin en RDC particulièrement et sur le continent africain en général. La qualification des Léopards dames à la CAN féminine 2024, ainsi que le sacre du FCF Mazembe en Ligue des champions féminine de la CAF – une première pour un club d’Afrique centrale – illustrent parfaitement cette marge de progression.

Avec l’arrivée de Merveille Kanjinga à Paris, une chose est certaine : le football féminin congolais et africain brille désormais plus que jamais sur la scène internationale. Son talent inouï ne souffre d’aucune contestation sur le continent, comme l’a témoigné son ancienne entraîneure, la Marocaine Lamia Bouhmedi sur RFI :

« Merveille était parmi les piliers de l’équipe de Mazembe, elle est une joueuse très forte, puissante et très très rapide et en plus elle est très disciplinée et bosseuse. ».

Je ne peux que souhaiter bonne chance à l’attaquante congolaise. Émerveille-nous encore et encore, Merveille Kanjinga !

Nervy Kadiebue


CAN Handball féminin : Angola-Sénégal, le grand derby de la finale !

Après les demi-finales du vendredi 6 décembre, l’affiche de la finale de la 26ᵉ édition du Championnat d’Afrique des Nations de Handball Seniors Dames est désormais connue. Elle opposera les Palancas Negras d’Angola aux Lionnes de la Teranga du Sénégal, dans un duel épique prévu ce samedi 7 décembre 2024 à 19 heures, au gymnase jumelé du Stade des Martyrs.

L’Angola passe sans forcer

Les Angolaises, tenantes du titre, n’ont pas eu à forcer pour se qualifier une nouvelle fois en finale. Les Perles ont dominé aisément les Égyptiennes en demi-finale sur un score sans appel de 36 à 22. Paulo et ses coéquipières ont livré une performance impeccable, ne laissant aucune chance aux Égyptiennes, qui ont montré un visage peu séduisant. La barre était certainement trop haute pour elles et l’hostilité du public y est aussi pour quelques chose.

L’Angola, favorite de cette rencontre, a joué son jeu sereinement et s’est imposée brillamment. Une constante qui caractérise cette équipe depuis le début de la compétition.

Carlos Viver, l’entraîneur de l’Angola, a partagé son analyse après la qualification.

« L’équipe était préparée pour ce qui est arrivé. Nous savions que le match pourrait être différent, mais nous avons toujours été au même niveau de préparation », a-t-il déclaré en conférence de presse d’après match.

Concernant la finale, l’entraîneur a souligné l’importance du Sénégal, qu’il considérait déjà comme un prétendant sérieux : « Le Sénégal est le rival que tout le monde attendait. Nous l’avons placé en tête car nous nous attendions à ce qu’ils atteignent la finale. »

Le Sénégal, une première finale

Les joueuses du Sénégal. © CAN Handball dames 2024 (avec son accord)

Dans l’autre demi-finale, le Sénégal a éliminé la Tunisie sur le score de 26 à 18, après un match quasi maîtrisé. Cette victoire permet aux Lionnes, éliminées en demi-finale par l’Angola lors de l’édition précédente, d’atteindre la finale pour la première fois de leur histoire. Elles affronteront les 15 fois championnes d’Afrique, l’Angola, dans l’espoir de décrocher leur première médaille d’or.

Face à une équipe tunisienne dynamique et technique, le Sénégal a offert une solide prestation défensive, en étant plus sur les porteuses de ballon tout en restant concentré. Cette victoire a été saluée par leur entraîneur, Yacine Messaoudi, qui a encensé ces joueuses : « Je tiens à rendre hommage à mon équipe. Des joueuses exceptionnelles, comme notre capitaine Dieynaba Sy, symbolisent vraiment l’esprit de cette équipe conquérante. Je suis très impressionné par ce qu’elles ont accompli. »

L’entraîneur des Lionnes de la Teranga est resté humble malgré la qualification : « Nous étions ambitieux. À chaque étape, nous avons voulu valider notre progression : le quart de finale, la qualification pour le championnat du monde, et maintenant la finale. »

Cette finale entre l’Angola et le Sénégal s’annonce palpitante et prometteuse. Le Sénégal, double médaillé de bronze (1974 et 2018), a à cœur de décrocher sa première médaille d’or. De son côté, l’Angola veut pérenniser son hégémonie en remportant une seizième étoile continentale.

Pour la petite finale, les vaincus des demi-finales, la Tunisie et l’Égypte, se disputeront la troisième place dans un derby nord-africain ce samedi 7 décembre.

La RDC, grande gagnante du derby du fleuve

Les joueuses de la RDC. @ CAN Handball 2024 (avec son accord)

La République démocratique du Congo (RDC) et la République du Congo s’affrontaient dans un derby du fleuve pour la 5e et 6e place. Les Léopards Dames se sont imposées avec un score serré de 30 à 28, au terme d’une rencontre plaisante et âprement disputée. Malgré leur élimination de justesse en quarts de finale par l’Egypte, cette victoire permet à la RDC de terminer la compétition à la 5e place.

Annoncé comme un affrontement épique, ce derby a tenu toutes ses promesses. Dès les premières minutes, les deux équipes se sont livrées à une bataille acharnée, se rendant coup pour coup. Menées par moments, les Léopards ont fait preuve de réalisme pour revenir au score et ont mené à la pause avec un écart d’un but (15-14).

En deuxième période, le rythme s’est intensifié. Les Lionnes du Congo, dirigées par Fanta Dianougana et Josephine Nkou, se sont illustrées à plusieurs reprises. Cependant, la RDC a répondu avec force grâce à Alexandra Shunu et Vera Ngonga, qui ont permis à leur équipe de toujours garder l’avantage au score.

Malgré la pression, Christianne Mwasesa et ses coéquipières ont su gérer les dernières minutes pour remporter le derby sur le score de 30-28.

Alexandra Shunu et Vera Ngonga ont été les étoiles de la rencontre, captivant le public avec leurs prestations exceptionnelles. Vera Ngonga, qui disputait son premier match de la compétition, a été récompensée par le titre de la meilleure joueuse du match.

Christianne Mwasesa, fidèle à elle-même, a brillé en marquant 5 des 6 jets de 7 mètres obtenus, portant son total à 38 buts dans le tournoi. À 39 ans, c’est peut-être sa dernière CAN même si elle laisse encore planer le doute sur son avec en sélection.

Une victoire nécessaire

Melissa Agathe. © CAN Handball dames 2024 (avec son accord)

Cette victoire d’honneur face au Congo était essentielle pour les Léopards, comme l’a souligné Mélissa Agathe, l’une des joueuses phares de la RDC en zone mixte : « C’est notre dernier match après une très longue compétition. Nous avons enchaîné 4 matchs en 4 jours, donc c’est beaucoup, et la fatigue se fait sentir. À la fin, nous avons été solides en défense, et c’est ce qui nous a permis de décrocher la victoire. Nous ne pouvions pas perdre ce match. »

Bien que la 5e place ne soit pas celle espérée pour cette CAN à domicile, les Léopards ont fait mieux qu’à l’édition précédente au Sénégal en 2022, où elles avaient terminé 6ᵉ. Les regrets doivent être mis de côté pour capitaliser sur cette expérience en vue des compétitions futures.

Statistiques Clés

  • Nombre de matchs joués : 8
  • Victoires : 5 (62,5 %)
  • Défaites : 3 (27,5 %)
  • Buts marqués : 218 (27,25 buts en moyenne par match)
  • Buts encaissés : 167 (20,87 buts par match).
Les joueuses de la Guinée célébrant la Coupe du Président. CAN Handball dames 2024 (avec son accord)

Dans d’autres rencontres, le Cameroun s’est débarrassé de l’Algérie 29-24, en match de classement pour la 9-10ᵉ places. En finale de la coupe du Président (9-10 places), la Guinée s’est imposée devant le Cap-Vert par 31 contre 17.

Notons que la cérémonie de clôture de cette messe du handball africain est prévu ce même samedi à 15 heures au gymnase 1 du stade des Martyrs.

Nervy Kadiebue


CAN Handball féminin : plongez dans l’excitante cérémonie d’ouverture et la phase de poules palpitante (le récap)

Le Championnat d’Afrique des nations de handball seniors dames se déroule à Kinshasa, en République démocratique du Congo, depuis le 27 novembre 2024 dans une ambiance festive et pleine d’énergie, attirant des spectateurs venus en masse pour soutenir les équipes nationales. Cet événement que je prends du plaisir à couvrir rassemble les meilleures équipes de handball féminin du continent. L’ambiance dans la capitale congolaise est électrisante. Dans ce billet, je vous plonge dans les moments forts de la cérémonie d’ouverture et de la phase de poules épique. 

Douze (12) pays, les meilleurs du handball féminin africain, s’affrontent depuis mercredi 27 novembre 2024 à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo. Le gymnase jumelé du stade des Martyrs, héritage des 9e Jeux de la francophonie, choisis comme cadre de la messe du handball africain.  

Une cérémonie d’ouverture à la hauteur des attentes

L’ambiance dans le gymnase lors de la cérémonie d’ouverture. © Emerode Kamba (avec son accord).

C’est le gymnase 2 du stade des Martyrs qui a été le cadre choisi pour accueillir la cérémonie d’ouverture du mercredi 27 novembre. Tout était bien aménagé : podium coloré aux couleurs nationales (rouge, bleue et jaune), écrans géants faisant tourner en boucle le spot officiel de la compétition, feux d’artifice, lumières scintillantes, drapeaux des pays participants flottaient fièrement, symbolisant l’unité et la camaraderie à travers le sport. La soirée a été marquée par un show époustouflant mêlant musique, chants et danses traditionnelles congolaises. De quoi ajouter une touche culturelle à l’événement et souligner l’hospitalité du pays.  Amos Mbayo, président de la Fédération de handball de la RD Congo, Didier Budimbu, ministre national des Sports et loisirs ainsi que Mansoura Aremou, président de la Confédération africaine de handball, ont pris la parole pour saluer l’importance de cet événement pour le développement du handball féminin en Afrique et pour accueillir les équipes ainsi que les spectateurs.

Le point culminant a été marqué des vibrants hommages rendus à la femme. Elle dont sa promotion, à travers notamment le sport, et sa lutte pour l’égalité sont au centre de cet événement. La première dame de la RDC, Denise Nyakeru Tshisekedi, les artistes musiciennes comme Bilia Bel, Abeti Massikini et Tshiala Muana (d’heureuse mémoire), ainsi que quelques handballeuses ont été mis en avant. 

Lors de la cérémonie d’ouverture au gymnase 2 du stade des Martyrs, aménagé pour la circonstance. © Nervy Kadiebue.

Un autre hommage a été rendu à une légende du sport congolais, Mutombo Dikembe, décédée le 30 septembre 2024 à l’âge de 58 ans à cause d’une tumeur au cerveau. Connu pour sa carrière brillante dans la NBA, Mutombo Dikembe était aussi un philanthrope dévoué, venant en aide à ses compatriotes congolais. Son hôpital, portant le nom de sa mère « Biamba Marie Mutombo », construit dans la partie Est de Kinshasa, est l’une de ces innombrables œuvres sociales. 

La cérémonie s’était clôturée sur une note musicale avec la performance éblouissante de la chanteuse congolaise Anita Mwarabu. Accompagnée par des danseurs aux chorégraphies impressionnantes, « Ninita » a interprété un medley de son répertoire musical dans une atmosphère électrique, avec des milliers de Congolais présents pour encourager leur équipe nationale, les Léopards dames, qui ont clôturé la journée par une victoire écrasante contre l’Ouganda (38-11).  

La RDC, l’Angola, le Cameroun, le Sénégal,… les triomphants de la 1ère journée

L’équipe congolaise à l’échauffement du match d’ouverture sous le regard du public. © Nervy Kadiebue.

La compétition a débuté avec des matchs très attendus dans les deux groupes mercredi 27 novembre, bien avant la cérémonie d’ouverture. Le match d’ouverture opposait la RDC à l’Ouganda. Sur un rythme effréné, les Congolaises ont su tirer parti de leur avantage à domicile, remportant la rencontre 38-11. Le public, avoisinant les 3000 personnes, a joué un rôle essentiel, encourageant l’équipe avec ferveur.

Les favorites comme le Cameroun et l’Angola ont montré leur force et tenu leurs rangs dans le groupe B. Le Cameroun, vice-champion en titre, a entamé le tournoi par une victoire écrasante contre la Guinée (32-26), tandis que l’Angola, tenante du titre, a dominé la Tunisie 36 à 23, avec un match solide marqué par des performances individuelles impressionnantes.

Dans le groupe A, le Sénégal a réussi son entrée en corrigeant le Kenya 39-9. Même scénario pour l’Algérie qui a eu raison du Cap-Vert (26-20) et l’Égypte, grâce à des prestations exceptionnelles des deux de leurs : la capitaine Eid Abdelmalel (MVP de la rencontre) et Omar Ibrahim, s’est imposée devant le Congo 27-23.  

Auteures des performances exceptionnelles, Alexandra Shunu (RD Congo), Marwa Eid Abdelmalel (Égypte), Abiabakoun Onoukou (Cameroun), Naili Yousra (Algérie), Ndiaye Astou (Sénégal) et Nenganga Vilma Pegado ont été plébiscitées meilleures joueuses de cette journée. 

La RDC chute, le Sénégal, l’Angola et l’Égypte enchaînent,… 2e journée

Jeudi 28 novembre, les matchs de la deuxième journée ont eu lieu sur la même lancée. En groupe A, les résultats ont vu le Congo se relancer face au Kenya (37-20) et les Sénégalaises ont enchaîné une deuxième victoire au détriment du Cap-Vert 37 contre 22. L’Égypte l’emportait contre l’Algérie (28-16) dans un derby nord-africain. Dans le groupe B, la RDC, moins inspirée, n’a pas réussi à enchaîner, défaite par le Cameroun (25-23). « Perdre un match aujourd’hui n’est pas le plus heureux, mais ce n’est pas non plus catastrophique », avait déclaré Clément Machy, coach des Léopards après le match.

La Tunisie et la Guinée se sont neutralisées (28-28) à l’issue d’un match palpitant, tandis que l’Angola a enchaîné face à l’Ouganda sur le score de 46 contre 11, s’emparant de la tête du groupe. 

Six joueuses ont marqué cette deuxième journée avec leurs performances remarquables, d’où elles ont été récompensées comme meilleures joueuses : Eugenia Domingos (Congo), Aminata Doucouré (Guinée), Marilia Quizelet (Angola), Mennat Allah Al-Say (Égypte), Pétronie Ateb (Cameroun) et Soda Cissé (Sénégal). 

RDC se relance, le Cap-Vert une 1ère victoire, l’Angola toujours invaincus,… 3e journée

Après un break vendredi, la compétition avait repris samedi 30 novembre avec la 3e journée. Les matchs se sont intensifiés alors que les équipes cherchaient à se qualifier pour les quarts de finale. Dans le groupe A, 3e victoire des Lionnes de la Téranga qui ont battu les Égyptiennes 21-16, tandis que le Congo a battu l’Algérie (24-17), grâce à Ruth Kodia et Diagouraga Fanta, qui ont ébloui le gymnase par leurs prestations. Le Cap-Vert avait vaincu le Kenya par 34 à 26, s’offrant ainsi sa première victoire après deux défaites.  

Dans le groupe B, la RDC pays avait repris le poil de la bête. Portées par leur capitaine Christianne Mwasesa et leur gardienne de but Érrin Cecilia, les Léopards ont dominé les Tunisiennes 25 à 23, à l’issue d’un match de toutes les émotions. L’Angola, en rouleau compresseur, avait enchaîné un 3e succès de suite en remportant son match contre la Tunisie 35 à 22. Les Lionnes indomptables du Cameroun, portées par Marie-Paule Balana, avaient enregistré aussi une 3e victoire de rang en dominant les Reines du Nil de l’Ouganda (36-16).  

Durant cette 3e journée, 6 joueuses, dont 4 gardiennes de but, se sont distinguées par des performances exceptionnelles, leur valant le titre de meilleures joueuses : Veiga Djeniffer (Cap-Vert), Marie-Paule Balana, gardienne (Cameroun), Soukeina Sagna (Sénégal), Ruth Kodia, gardienne (Congo), Érrin Cecilia, gardienne (RD Congo) et Marta Alberto, gardienne.  

La RDC et le Congo enchaînent, l’Angola et le Sénégal impériaux… 4e journée

La 4e journée eut lieu dimanche 1er décembre avec des rencontres toujours alléchantes. Dans le groupe A, les Lionnes du Sénégal avaient poursuivi leur sans-faute avec une 4e victoire consécutive, s’imposant face à l’Algérie (23-16). De son côté, l’Egypte s’était relancée en dominant le Kenya sur le score de 47-17, et s’était repositionnée à la 2e position du groupe avec 6 points. Le Congo avait continué sur sa lancée en battant le Cap-Vert sur un score serré de 25-21, portant à 6 ces points. 

Dans le groupe B, la RDC, relancée après sa victoire face à la Tunisie, avait décroché sa qualification. Les Congolaises, grâce à leur capitaine emblématique Christianne Mwasesa, se sont imposées face à la Guinée sur le score de 32-24, à l’issue d’un match presque maitrisé. Les Perles de l’Angola, toujours impériales, avaient dompté les Lionnes du Cameroun (31-14), leur infligeant une première défaite. Enfin, la Tunisie avait enregistré sa première victoire, après une défaite et un nul, en dominant l’Ouganda 47-18.

6 joueuses s’étaient distinguées par des performances exceptionnelles, leur valant le titre de meilleures joueuses : Alexandra Shunu (RD Congo), Khaled Abdelsalam (Égypte), Diane Ngwekian (Congo), Raïssa Dapina (Sénégal), Marta Alberto (Angola) et Nour Draoui (Tunisie).  

Le Congo crée la surprise, l’Angola intraitable,… 5e journée

La cinquième et dernière journée s’était déroulée mardi 03 décembre avec des rencontres sans enjeux pour certains, décisives pour d’autres. Le Congo a créé la surprise en mettant fin à l’invincibilité du Sénégal. Les Lionnes du Congo l’avaient emporté sur le score de 25 contre 17, s’offrant ainsi la 1ère place du groupe. En revanche, le Cap-Vert avait loupé l’occasion de se qualifier après sa débâcle 24-27 face à l’Égypte. Pour finir en beauté, l’Algérie avait battu le Kenya sur le score de 31-21, arrachant ainsi sa qualification pour le 2e tour. 

Du côté du groupe B, déjà qualifiée, la RD Congo avait subi une correction face aux impériales angolaises sur le score de 40-15. Les Perles de l’Angola, portés par Almeida Albertina Da Cruz, encore sous son grand jour, ont dominé les Léopards de bout en bout pour s’offrir un sans-faute impressionnant. Pour sa part, le Cameroun avait fini sur une victoire face à la Tunisie 21-20, tandis que la Guinée s’était imposée devant l’Ouganda 48-22. 

Les 6 joueuses désignées comme meilleures joueuses : Almeida Albertina Da Cruz (Angola), Selimani Camelia Sarah (Algérie), Fanta Diagouraga (Congo), Omar Ibrahim Mariam (Égypte), Belhadj Soumaya (Tunisie) et Camara Salematou (Guinée). 

8 qualifiées pour les quarts, 4 éliminées pour la Coupe du Président

À l’issue de la phase de poules, marquée par des rencontres épiques et des prestations exceptionnelles des athlètes sous une ambiance chaleureuse et conviviale du public kinois, voici comment se présentait le classement dans les deux groupes : 

Groupe A 

1. Congo : 8pts +32

2. Égypte : 8pts +39

3. Sénégal : 8pts +49

4. Algérie : 4pts 00 

5. Cap Vert : 2pts -18

6. Kenya : 0pt -102 

Groupe B  

1. Angola : 10pts +103

2. Cameroun : 8pts +12

3. RD Congo : 6pts +10

4. Tunisie : 3pts +13

5. Guinée : 3pts -1

6. Ouganda : 0pt -137 

Les quatre premiers de chaque groupe se sont qualifiés pour la phase à élimination directe. Il s’agit de la RDC, de l’Angola, du Cameroun, de la Tunisie, du Congo, du Sénégal, de l’Égypte et de l’Algérie, qui vont s’affronter pour des places en demi-finales, qualificatives au prochain Championnat du monde 2025.

Les quatre affiches des quarts de finale se sont déroulées mercredi 04 décembre au gymnase 1 du stade des Martyrs de Kinshasa :

Congo 24-28 Tunisie (10 h 00 GMT)

Angola 34-14 Algérie (12 h 30 GMT)

Sénégal 26-19 Cameroun (15 h 00 GMT)

Égypte 23-22 RD Congo (17 h 30 GMT) 

Par contre, les 4 nations éliminées dont le Cap-Vert, la Guinée, l’Ouganda et le Kenya se sont affrontées pour le classement de la 9e à la 12e place (Coupe du Président) ce même mercredi au gymnase 2 du stade des Martyrs. 

Kenya – Guinée (11 h 00 GMT)

Cap-Vert – Ouganda (13 h 00 GMT) 

Un succès populaire, le CAN des Kinois

L’engouement inédit et l’implication des supporters de Kinshasa sont des marques de fabrique de ce CAN Handball Dames. Peu connaisseurs de cette discipline impopulaire, mais transcendés par le patriotisme, la découverte et la passion du sport. Les Kinois remplissent, à chaque rencontre, les tribunes du gymnase jumelé du stade des Martyrs de Kinshasa, créant une ambiance unique et festive.

Habillés très souvent en couleurs nationales, ils ont apporté un soutien sans faille à leur équipe nationale, les Léopards, mais pas que, car ils soutenaient tous les autres pays avec ferveur. Je peux vous avouer une chose : dans beaucoup de matchs, les supporters sont versatiles, soutenant les deux équipes du match par intermittence. Chaque but est salué par un tonnerre d’applaudissements, poussant les joueuses à donner le meilleur d’elles-mêmes dans un cadre magnifique qui célèbre le sport africain. 

Le public au gymnase 1 du stade des Martyrs. © Nervy Kadiebue

Le Championnat d’Afrique des nations de Handball dames 2024 à Kinshasa a déjà offert des moments mémorables et des performances impressionnantes. Avec le soutien indéfectible du public congolais, kinois en particulier, les équipes continuent de rivaliser pour le titre tant convoité. La suite de la compétition s’annonce riche en émotions et en performances sportives. Toute le continent africain attend avec impatience de voir qui succédera à l’Angola, champion en titre. Sans oublier mais aussi les 4 représentantes du continent africain au championnat du monde de l’IFH qui aura lieu en Allemagne et aux Pays-Bas en 20245. Elles d’ailleurs déjà connus : Angola, Sénégal, Tunisie et Égypte.

Nervy Kadiebue


CAN Handball féminin : Kinshasa, le cœur battant du handball africain

La capitale congolaise se prépare à vivre un moment historique ce mercredi 27 novembre. Le Championnat d’Afrique des Nations de Handball féminin commence, plaçant Kinshasa sous les feux des projecteurs du continent. Une fièvre sportive inédite s’empare de la ville, où les Kinois attendent avec impatience de vibrer au rythme de cet événement majeur qui mettra en lumière le sport féminin africain. 

Cette 26e édition du Championnat d’Afrique des nations de handball senior dames qui s’ouvre aujourd’hui à Kinshasa s’annonce palpitante et historique pour le pays de Patrice Lumumba. Elle s’étend du 27 novembre au 07 décembre prochain, soit 10 jours de compétitions entre les meilleures nations du continent africain. 

Le rendez-vous avec l’histoire

La RDC est à quelques heures de vivre un tournant dans l’histoire du sport du pays, car elle va accueillir pour la première fois depuis son indépendance en 1960, une Coupe d’Afrique des Nations de handball. Cette 26e CAN Handball dames s’annonce comme la plus palpitante de ces dernières années au regard de l’atmosphère qui règne déjà à Kinshasa.

La mascotte de la CAN handball dames à l’entrée du stade des Martyrs. © Nervy Kadiebue/Focus Sports

Kinshasa, la capitale congolaise, vibre déjà au rythme des préparatifs. L’excitation est palpable et l’enthousiasme est tel qu’il transcende les frontières sportives. Le gymnase jumelé du stade des Martyrs, théâtre de la compétition, a subi quelques touches de rénovation pour la circonstance. Cette enceinte est donc prête à accueillir toutes les rencontres de la compétition et plus de 6000 spectateurs attendus. 

Cette compétition promet une organisation à sa hauteur, car la République démocratique du Congo n’est pas à sa première tentative dans l’organisation des évènements sportifs d’envergure. Le pays de Félix Tshisekedi a déjà accueilli les 9e Jeux de la Francophonie (2023), le Championnat d’Afrique de boxe (2024), et le CAN Handball dames vient élargir son palmarès. 

Une couverture médiatique d’envergure attend aussi ce tournoi avec plus de 200 journalistes nationaux et internationaux accrédités. Pour permettre de faire découvrir la discipline auprès du public et d’encourager les équipes, l’accès aux matchs est totalement gratuit. Pas d’inquiétude côté sécurité et logistique, tout a été organisé pour que les spectateurs soient dans des conditions les plus optimales possible.

Un tournoi aux grands enjeux

Ce Championnat d’Afrique des de Handball dames qui durera 14 jours mettra aux prises les 12 meilleures nations de handball du continent africain. Toutes les équipes, transcendées par l’envie de gagner, sont prêtes pour la course au Graal. L’esprit de compétition est visible même aux entraînements, chose qui rend l’issue de la compétition très ouverte. 

Les 12 nations sont réparties en 2 groupes de 6 : le groupe A est composé du Congo, du Sénégal, de l’Égypte, de l’Algérie, du Cap-Vert et du Kenya. Dans le groupe B sont casés l’Angola, la RD Congo, la Tunisie, la Guinée, le Cameroun et l’Ouganda

Outre le titre continental, les équipes visent une qualification pour le prochain Championnat du monde de handball féminin qui sera co-organisé par l’Allemagne et les Pays-Bas en 2025. Les 4 demi-finales iront représenter l’Afrique, tandis que la 5e passera par les qualifications intercontinentales pour se qualifier. 

La RDC, en tant que pays hôte de la compétition et avec son effectif composé de joueurs évoluant majoritairement à l’étranger, affiche une ambition claire, celle d’aller chercher le Graal pour cette 13e participation, la 12e de rang. Le défi est de taille pour la RDC qui va se frotter notamment aux redoutables adversaires comme la Tunisie, trois fois championne et l’Angola, quinze fois champion. Les Congolaises, déjà une fois médaillées d’argent (2014) et deux fois de bronze (2012 et 2018), tentent de marquer l’histoire devant leur public en décrochant la médaille d’or tant convoitée. 

La compétition débute ce 27 novembre avec au programme les affiches suivantes :  

Sénégal vs Kenya (08 heures)

Algérie vs Cap-Vert (10 heures)

Guinée vs Cameroun (12 heures)

Angola vs Tunisie (14 heures)

Congo vs Égypte (16 heures)

RD Congo vs Ouganda (19 heures 30) 

Les à-côtés de la compétition

La cérémonie d’ouverture, qui aura lieu à 18 heures de Kinshasa, s’annonce grandiose et riche en émotions. La chanteuse congolaise Anita Mwarabu, reconnue pour sa voix envoûtante, enflammera la soirée avec sa prestation. Mais ce n’est pas tout ! Un groupe musical surprise, dont l’identité restera secrète jusqu’à la dernière minute, ajoutera une touche d’excitation et d’imprévu à cet événement célébrant la culture et l’esprit de l’Afrique. 

Pour la RDC, organiser un événement d’une telle envergure n’est pas seulement une question de fierté nationale, mais aussi un véritable défi logistique et financier. Ce sera une occasion unique de montrer au monde le potentiel culturel du pays et de vendre positivement son image tout au long de la compétition. 

Les enjeux de cette compétition sont divers : économiquement, elle pourrait stimuler le secteur du tourisme, avec l’arrivée de visiteurs étrangers. Sportivement, elle est un formidable levier pour promouvoir le handball en RDC. Elle permettra de susciter de nouvelles vocations et de développer la pratique de ce sport auprès des jeunes filles particulièrement. Enfin, socialement, en rassemblant les populations autour d’un événement commun, cette compétition contribue à renforcer le sentiment d’appartenance à une nation. Tout ceci dans un seul et unique but : renforcer l’image positive de la République démocratique du Congo à l’échelle mondiale. 

Le CAN Handball dames 2024 est bien plus qu’une simple compétition sportive. Elle incarne un moment historique pour la RDC, un symbole d’unité et de fierté nationale, tout en offrant une plateforme pour le développement du sport féminin en Afrique.

Aujourd’hui, les regards sont tournés vers Kinshasa, où l’espoir, le talent et la passion se rencontrent pour écrire une nouvelle page du handball africain. Les enjeux sont élevés, mais le désir de réussite et de cohésion l’est tout autant, promettant des moments inoubliables sur le terrain et au-delà. 

Nervy Kadiebue 


Ligue des Champions féminine CAF : le continent africain aux pieds des Lushoises du TP Mazembe

Samedi 23 novembre, le FCF Mazembe a écrit l’une des plus belles pages de l’histoire du football féminin congolais en remportant la 4e édition de la Ligue des Champions féminine de la CAF à El Jadida au Maroc. Les Corbeaux dames de Lubumbashi ont dominé petitement (1-0) l’AS FAR de Rabat en finale, offrant ainsi à la République démocratique du Congo ainsi qu’à l’Afrique centrale leur premier titre continental dans cette compétition. Avec ce sacré historique, le FCF Mazembe a non seulement gravé son nom dans les annales du football continental, mais aussi ouvert de nouvelles perspectives pour le football féminin en RDC et en Afrique. 

La rencontre entre le FCF Mazembe et l’AS FAR s’annonçait comme un choc entre deux des meilleures équipes du continent. Les Marocaines, habituées des podiums, étaient favorites, mais les Congolaises, révélation de cette édition, ont su s’imposer en terres marocaines (1-0), dans une finale qui a tenu toutes ces promesses. 

Une victoire inédite et déterminante du FCF Mazembe à El Jadida 

Dans un stade Ben Ahmed El Abdi d’El Jadida vibrant d’énergie et acquis à la cause des Marocaines, l’intensité du match pour le Graal était palpable. Totalement décomplexées, les Congolaises ont rapidement pris possession du ballon. Elles déclenchent leur première offensive dès les 17 premières secondes, qui se conclut en premier corner du match.

Dans la foulée, Mazembe obtient un penalty à la suite d’une faute de main dans la surface marocaine signalée grâce au VAR. Décisive comme toujours, Marlène Kasaj s’en charge et le transforme, synonyme de l’ouverture du score (1-0, 10e). 

Bien lancées, les pouliches de l’entraîneuse marocaine Lamia Boumehdi ont failli doubler la mise à la 16ème minute, malheureusement Merveille Kanjinga, bien servie par Martha Lacho, loupait cette énorme occasion. Le score restera inchangé jusqu’à la mi-temps.  

En panne d’inspiration, l’AS FAR a effectué des changements tactiques pour essayer de rattraper son retard. Les Marocaines se sont montrées très tranchantes en deuxième période avec des assauts répétés, explorant la profondeur et les balles arrêtées. Malgré ces innombrables situations, elles n’ont pas réussi à faire tomber la muraille défensive du TP Mazembe, très solide et portée par la gardienne Grâce Lumande, de grand jour avec une prestation exceptionnelle. 

Les Marocaines, championnes en 2022, n’ont pas réussi à trouver le chemin des filets dans cette finale pourtant évoluant sur ces terres.

C’est ainsi que le FCF Mazembe a créé la surprise en s’imposant face au grand favori, une victoire d’autant plus symbolique, car elle survient après une défaite sanglante (3-1) des Congolaises en phase de groupes face à l’AS FAR. Les Corbeaux dames ont réussi à prendre leur revanche de plus belle en battant leurs hôtes en finale. 

Crédit : © CC BY-SA 4.0 / Reda Benkhadra

Un sacre qui marque l’histoire 

Avec cette victoire, le FCF Mazembe entre un peu plus dans l’histoire du football féminin africain en devenant le premier club de la RDC et de l’Afrique centrale à remporter la Ligue des Champions féminine quatre ans après sa création par la CAF. Il succède ainsi au Mamelodi Sundowns Ladies d’Afrique, vainqueur de la dernière édition.

Ce prestigieux trophée continental n’est pas un fait du hasard, c’est la récompense du dévouement et du travail acharné commencé depuis 2021, porté par les joueuses et le staff que dirige la Marocaine Lamia Boumehdi. C’est aussi une montée en puissance du football féminin en République démocratique du Congo, longtemps étouffé par la version masculine. 

Les Corbeaux féminins entrent ainsi dans le cercle très fermé des équipes championnes d’Afrique, offrant une immense fierté à toute la République démocratique du Congo. 

Le Congo à l’honneur, une deuxième place arrachée

La performance inédite du TPM est un symbole de fierté pour toute la RDC, mais aussi la voie à la reconnaissance accrue du football féminin. Ajouter à cela, c’est une interpellation sur l’importance des investissements dans le football féminin en RDC et en Afrique pour pérenniser ces progrès louables.

Il faut aussi noter que grâce à ce sacrement, la TP Mazembe permet à son pays de porter son quota de représentation à 2 clubs pour l’édition prochaine. Le second ambassadeur de la RDC qui accompagnera le TPM sera le club le mieux classé de la prochaine Coupe du Congo. 

Le TP Mazembe, triple champion du Congo (2021, 2022 et 2024) et double champion de l’Afrique centrale (2022 et 2024), en inscrivant son nom sur le palmarès de la Ligue des champions, intègre la cour de l’élite du football africain féminin. quoi de mieux que des encouragements et des félicitations au TPM dames pour son sacre.

Nervy Kadiebue